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Gaël Garcia en interview

Interview publiée le mardi 12 août 2008
Gaël Garcia a créé l'évènement il y a deux ans, quittant de son plein gré la sixième saison de "Star Academy". Il a depuis publié son premier album, "Barrio Caliente", sur un label indépendant, porté par le premier extrait "Fruta Fresca". Interview sans langue de bois.
Bonjour Gaël, tu es entré directement 127ème du Top sans la force de frappe d'Universal, avec ton premier album "Barrio Caliente", alors que Cyril Cinélu, gagnant de l'émission à laquelle tu as participé, avec une promo sur NRJ et TF1, n'est entré que 121ème avec son disque l'an dernier... J'imagine que c'est plutôt une bonne nouvelle, non (Thierry Cadet, Rédacteur en Chef Adjoint) ?
Gaël Garcia : Evidemment ! (sourire) D'autant plus que la promotion va véritablement débuter à la rentrée avec de nombreuses télés et la diffusion du clip "Fruta Fresca"... Cela prouve que les téléspectateurs qui m'ont soutenu durant l'émission ne m'ont pas oublié... Ça me touche vraiment.

Pourquoi avoir quitté aussi précipitamment la compétition de la sixième saison de "Star Academy", alors que beaucoup te donnaient gagnant ?
J'ai tout envoyé balader parce que je voulais garder ma liberté artistique. Alors maintenant je suis conscient que cela m'a fermé des portes, mais l'exposition au sein de l'émission m'en a ouverte d'autres aussi. Sans "Star Academy", le public qui me soutient actuellement ne connaitrait peut être pas encore mon existence. Alors, être indépendant n'est pas toujours facile, mais au moins je suis libre ! Maintenant, je ne me suis jamais donné gagnant tu sais... Je ne me suis jamais posé la question d'ailleurs de savoir si j'étais resté, ce qui se serait réellement passé. Et puis gagner la "Star Ac" ne me fait pas tripper, le côté paillettes ne me fait pas rêver... Je suis juste un gars du Sud Ouest qui veut vivre sa passion sincèrement, mieux vaut alors prévenir que guérir... (sourire).

Si tu avais gagné cette sixième saison, à la place de Cyril Cinélu, penses-tu que tu n'aurais pas eu ton mot à dire concernant ton album ? Prends l'exemple de Quentin Mosimann, le dernier gagnant, qui a fait le disque qu'il voulait : un double projet électro/swing...
Je crois que Universal me voyait déjà comme un latin lover potentiel et c'est tout ce que je ne voulais pas faire... Les médias mettent les artistes dans des cases, dès qu'on leur parle de la musique latine, ils pensent à Juanes ou à Ricky Martin, ce sont les deux références, et je ne voulais pas leur ressembler.

Mais tu qualifies ta musique de flamenco-pop, Ricky Martin est très pop lui aussi...
Oui, mais mon album n'a rien à voir avec "Un, Dos, Tres (Maria)" par exemple. Quand à Juanes, les gens qui me comparent avec lui n'ont pas entendu l'esprit très rock et les guitares saturées que ce dernier a dans la plupart de ses disques... Nous ne faisons pas la même musique ; sans pour autant émettre un jugement de valeur.

Comment définirais-tu la tienne ?
C'est un album de flamenco car mes origines viennent évidemment naturellement. Mais à 24 ans, j'ai déjà écouté pas mal de styles de musique latine, et je voulais absolument m'éloigner des clichés “bord de plage, paella, olé et castagnettes !” (rires). J'ai donc essayé de conserver mes origines, mais en les mélangeant à des sons plus actuels. Alors bien sûr, les guitares sont très en avant, mais quand tu écoutes certains de mes morceaux, notamment "Ko", il y a par exemple une ligne de basse limite punk, même si ça reste gentil (sourire)... "Mama" a des arrangements électro sur une rythmique funk par exemple, "No Me Controle" utilise une rythmique disco, à laquelle on a ajouté des guitares flamenco... Voilà ma musique. Avec mes petits moyens, j'ai essayé de rafraichir ce style avec des sons d'aujourd'hui. Comme un mariage, une fusion.

Avec le recul, pour en revenir à "Star Academy", as-tu des regrets d'avoir jeté l'éponge ?
Non. Parce que le soucis aussi, et ce que les téléspectateurs ne savent pas, c'est que lorsque certains candidats demandaient certaines choses, ils les avaient, et que quand je demandais moi aussi des choses, je ne les avais pas... Ainsi, il m'a donc été refusé un duo avec Gipsy Kings sur le prime, alors que ces derniers étaient d'accord pour chanter avec moi. Beaucoup de choses se sont décidées dans mon dos, il y a clairement eu un manque de transparence, et ça ne m'a pas plu. Je ne supporte pas d'être brimé sans aucune raison apparente. Maintenant, je ne crache pas dans la soupe, il y a eu du bon aussi, j'ai rencontré un public, et aussi des gens très sympathiques au niveau de la production et si c'était à refaire, je crois que je le referai, tout en me méfiant de certaines choses maintenant (sourire)... Seulement il y a eu un malentendu à un moment donné, et je pense avoir pris une décision réfléchie. Celle d'un artiste qui voulait simplement préserver son intégrité, ses valeurs, et son univers artistique.

Quelle a été ta réaction lorsque tu as vu le groupe Gipsy King sur le prime la semaine suivante, alors que tu venais de quitter le jeu...
(sourire) Je n'ai pas compris pourquoi la production se faisant passer pour une girouette. J'ai trouvé ça dommage parce que finalement cette décision s'est retournée contre elle. Le public n'a pas compris pourquoi, par vengeance ou je ne sais quoi, Pascal Nègre avait invité les Gipsy Kings alors qu'il n'était pas prévu qu'ils viennent lorsque je l'avais demandé ; on se serait cru dans une cour de récrée.... C'est petit, mais je dois dire que ça m'a fait sourire parce que ça a finalement été bénéfique pour moi, le public m'a plus encore pris en sympathie du coup...

Pourquoi n'as-tu pas enregistré de duo avec eux par la suite, sur leur dernier album "Pasajero" par exemple... ?
Déjà parce qu'il y avait des problèmes de contrat à l'époque, eux signés chez Warner, et moi chez Universal suite à l'émission... Et puis aussi parce que leur disque était déjà bien avancé. Mais par contre j'ai travaillé avec une partie de leur équipe un moment, même si ensuite chacun est parti dans différentes directions...

Revois-tu certains candidats de ta promotion ?
De temps en temps j'ai des nouvelles de certains oui... Judith, Raphie, ou des gens de la prod m'ont laissé des messages à la sortie de mon album pour me dire qu'ils étaient contents pour moi.

Et pas Nicolas Charvillat, duquel tu semblais très proche ?
J'ai eu quelques temps de nouvelles de Nicolas si... mais tu sais, à l'extérieur ça change. Et puis je suis du Sud Ouest, et la plupart des autres sont sur Paris. Même si maintenant, avec MySpace ou Facebook, ça devient facile d'avoir des nouvelles de temps en temps...

L'image de l'émission n'est-elle pas trop difficile à porter ?
Les choses commencent heureusement à évoluer petit à petit, par exemple récemment j'ai donné un concert et lorsque les ingénieurs du son et la régie ont su que j'avais participé à "Star Academy", ils ont eu vrai apriori à mon égard, et sans me connaitre. Finalement, les balances terminées, ils ont été agréablement surpris, et ceux qui avaient émis un jugement péjoratif sont venus me féliciter... Qu'est-ce que tu veux faire (sourire) ? Le problème est que j'appartiens pour les gens à trois catégories différentes : le latin lover, le nouveau Gipsy Kings, ou le chanteur "Star Ac"... alors qu'au fond je désire simplement faire de la musique. Ma musique.

Quelles sont tes influences musicales, en plus de la musique latine ?
J'aime Killing Joke, The Roots, U2, Led Zeppelin, Blur, Sade, Cock Robin, et chez les français Florent Pagny, Laurent Voulzy, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Serge Gainsbourg... C'est vaste, mais tu comprends pourquoi je n'aime pas la sectorisation... (sourire).

Ton album "Barrio Caliente" est signé en distribution sur le label indépendant Mosaic Music, le retrouve-t-on partout en France ?
Oui. Et dans les pays francophones aussi, comme Belgique ou la Suisse. J'en reste le producteur et Mosaic le distribue.

C'est un disque qui sonne très acoustique, live, avez-vous tout enregistré dans ces conditions ?
Oui, je ne voulais pas que l'album s'éloigne du live. C'est quand même de là d'où je viens et là où je vais aller de plus en plus à l'avenir.

Tu tournes, ce mois d'août, le clip de ton premier single "Fruta Fresca", impatient ?
Oui très. Nous avons en effet eu plusieurs rendez-vous avec des boites de production et des réalisateurs et les choses se confirment... Nous allons le tourner cet été pour une diffusion à la rentrée, et c'est là que je vais commencer la véritable promo de l'album.

"Fruta Fresca" qui est une reprise de Carlos Vives, non ?
Il s'agit en effet d'un titre de Carlos Vives dont l'original date de 1999. C'est la seule reprise du disque, mais elle me plaisait beaucoup, à moi et à toute mon équipe d'ailleurs.

Pour en revenir à ton premier opus, y'a-t-il déjà selon toi des titres qui se distinguent concernant d'éventuels autres singles ?
Oui, j'aime bien "Ay Mi Amor", et nous avons longtemps hésité d'ailleurs avant de choisir d'extraire "Fruta Fresca" en premier... Mais tu sais, je les aime toutes (sourire) ! C'est très rare quand je compose, qu'une mélodie me plaise instantanément. Alors celles que j'ai choisi pour mon disque me plaisent toutes. J'en ai composé une trentaine, pour finalement n'en retenir que onze.

"Julia", "Vendra A Mi" ou "And In The Night" me paraissent être de futurs singles...
"And In The Night", c'est drôle que tu me cites celle-ci parce que c'est la seule en anglais et elle n'est pas la préférée de mon entourage. C'est une chanson qui doit être prise avec beaucoup de second degré, elle raconte l'histoire d'un macho qui devient un véritable tombeur, mais uniquement dans ses rêves... parce que dès que sa mère le réveille tous les matins, son statut idéal s'écroule (rires) ! C'est l'histoire d'un looser en fait !

Qui est Julia ?
(sourire) Julia c'est mon jardin secret...

Dans les crédits de l'album, on note Alberto Garcia, est-ce ton père ?
Oui, Alberto Garcia est mon père, et mon manager. Mais attention, pas question pour lui de me conforter dans le genre : «Mon fils t'es le plus fort» etc. C'est plutôt le contraire ! Il est très dur avec moi (sourire)... Mais il est juste et il n'hésite pas à me dire clairement les choses quand il aime ou quand il n'aime pas telle ou telle nouvelle chanson par exemple... C'est comme ça qu'on avance aussi.

Pourquoi remercier Bruno Berberes (ndlr : directeur de casting de nombreuses comédies musicales, du "Roi Soleil" à "Cléopâtre"...) dans le livret de ton disque ?
Bruno Berberes m'a tendu la main avant la "Star Ac" en me proposant de passer des auditions pour lui, concernant différentes comédies musicales. Il m'avait repéré en concert. Suite à quoi il m'a parlé de "Star Academy" et m'a proposé de me rendre aux castings. On m'avait d'ailleurs déjà proposé l'émission l'année précédente, mais j'avais refusé d'y participer. C'est donc un peu grâce à lui si j'ai été posé sous la lumière à un moment donné.

Aujourd'hui Gaël, vis-tu pleinement de la musique ?
Je me fais entretenir par mon manager (rires) ! Oui j'en vis, car je donne régulièrement des concerts ici et là. Tu sais, je n'ai pas commencé la musique avec "Star Academy", bien avant déjà j'étais sur les routes. Je partais en voiture pour deux heures de route et après le concert je rentrais à 5h00 du matin, épuisé, mais heureux d'avoir chanté. J'en ai bavé, et je n'ai pas peur d'en baver encore.

Que peut-on te souhaiter de meilleur à l'avenir ?
Je voudrais que les gens soient curieux et écoutent la musique de tel ou tel artiste avant de juger.

Donneras-tu prochainement des concerts sur Paris ?
Oui, on prépare actuellement un show case sur Paris pour septembre ou octobre. Je ne demande que ça, j'ai faim ! Sur scène, avec mes musiciens, c'est du solide, ça tourne ! Et je suis d'ailleurs agréablement surpris parce que je retrouve tous les âges dans le public, de 7 à 77 ans ! Au Bikini, en mai dernier à Toulouse, ce fût génial par exemple, de nombreux musiciens sont venus sur scène avec nous pour faire un bœuf, tout ça s'est terminé dans une grande fête.

Découvrez des extraits du concert donné à Toulouse, le 8 mai dernier :


Pour finir, si demain la production te propose de revenir sur le prime de "Star Academy", pour y présenter "Fruta Fresca", acceptes-tu ?
C'est une question piège (rires) ! Je crois que oui, parce que là c'est différent, je suis reçu afin de présenter mes chansons, mon univers. Mais enfin faut pas rêver ! Cela dit Pascal Nègre est le bienvenu à la maison quand il veut s'il passe dans le Sud, il vient boire un café ou un Ricard, il n'y a pas de problème. Je n'ai pas de rancœur.

Merci Gaël !
Merci à toi et à Charts in France de me soutenir, je te dis ça, mais c'est très sincère, ça me touche beaucoup. D'ailleurs toi aussi tu viens quand tu veux boire le Ricard à la maison (rires) !

Pour en savoir plus, et découvrir les dates de concert de Gaël Garcia, visitez gaelgarcia.fr.

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