Après nos estimations réalisées à la fin du mois de décembre (ici), découvrez les chiffres officiels des ventes de disques en 2006 ainsi que les salaires des stars de la chanson...
Au niveau des ventes réelles d’albums, c’est Diam’s qui arrive en tête avec 605 915 opus écoulés en magasins. Les Enfoirés et leur village squattent la deuxième place (ce qui est de bon augure pour "Les Restos du coeur") avec 577 791 disques vendus. La troisième position du podium revient à Laurent Voulzy avec "La septième vague" et 577 048 ventes.
Bénabar arrive quatrième avec "Reprise des négociations" (528 321), suivi d’Olivia Ruiz (470 566), la "Caravane" de Raphaël qui cumule 460 765 ventes de plus à celles déjà réalisées en 2005 (inutile de préciser que son album est largement millionaire), Renaud avec "Rouge Sang" (441 077), Patrick Bruel et "Des souvenirs devant" (390 350), Yannick Noah (353 178 pour "Charango), et enfin Grand Corps Malade (336 692). Voilà pour le Top 10.
Quelques belles places aussi au niveau des révélations 2006 telles qu’Anaïs qui classe son "Cheap Show" à la 15ème place et quelques 228 648 exemplaires écoulés, ou Ayo à la 22ème marche avec son premier album "Joyful" (202 385). Belle surprise pour Charlotte Gainsbourg qui engendre 150 847 ventes avec "5:55" à la 42ème position.
Si certains artistes R’n’B vendent beaucoup de singles, il est souvent plus difficile de doubler la mise en ventes d’albums. Ainsi, Nâdiya est 25ème avec son album éponyme et 191 638 ventes (malgré une première place cet été) et M. Pokora squatte la 28ème place avec "Player" (179 080).
Déception par contre pour certains albums "attendus" : Hélène Ségara, Axelle Red, Janet Jackson ou Beyoncé n’apparaissent pas dans le Top 50 (cf. notre article sur les Tops et les Flops de 2006).
Première leçon de ce palmarès : les plus gros vendeurs ne sont pas forcément les mieux payés : Diam’s, en dépit de sa première place en termes de ventes (plus de 520 000 exemplaires vendus de « Dans ma bulle »), pâtit de son jeune âge.
Olivia Ruiz, elle, représente une sorte de "lumpen-proletariat de la chanson". Sa "Femme chocolat" obtient la 5e place des ventes d’albums (plus de 350 000 copies vendues) et génère 5,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais la jeune artiste se contentera de 274 000 euros. Et encore, sans déduction des abattements. Son producteur, Universal Music, n’est guère plus à la fête. Le contrat de Ruiz, issue de "Star Academy" stipule que sa maison de disques doit partager sa marge avec TF1 et Endemol...
Leurs renommées fraîchement établies ne leur permettent pas d’exiger les royalties de leurs aînés, lesquels bénéficient de contrats anciens et parfois mirobolants remontant à l’âge d’or du disque...
Ainsi, ils sont cinq en 2006 à franchir le million d’euros grâce à la vente de leurs disques : Laurent Voulzy, Renaud, Florent Pagny, Patrick Bruel et Johnny Hallyday.
Voulzy, Pagny, Bruel ou Renaud sont, par exemple, des artistes "sous licence". C’est la catégorie impériale : ils disposent de leur maison de disques et vendent (cher) leur "licence" aux majors. Voulzy gère ainsi les Editions Laurent Voulzy : 1,5 million et 2,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2005 et 2004. Bruel, lui, préside 14 productions (qui produit entre autres Orianne ou Julie Reins), une SA qui, l’année 2003, a atteint les 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Idem pour Pagny, dont la société Cuadrada Productions était bénéficiaire de 567 561 euros l’an passé. Renaud, lui, tient les rênes de Ceci Cela depuis 1986. En mars 2004, Ceci Cela générait 1 160 629 euros de bénéfices nets et 433 004 euros en 2005.
Le contrat d’un artiste est rédigé sur une peau de chagrin. Au fil de sa lecture, les revenus rétrécissent. Un peu de pub télé ? Ce sont 10, 25 voire 50 % qui s’envolent selon sa notoriété. Un clip vidéo ? L’artiste y contribuera en se délestant d’une partie de ses revenus... Et il faudra retirer les "abattements BIEM" (10 % et 9 %). A savoir les droits pour la reproduction des chansons et le coût de la pochette.
Voilà comment Diam’s a pu générer un chiffre d’affaires de plus de 8,5 millions d’euros et, à la fin des comptes, obtenir un chèque estimé à "seulement" 727 000 euros... Cependant la jeune rappeuse a revalorisé ses droits en cours d’année (de 12 à 16 %, selon certains professionnels). En outre, Diam’s écrit ses textes et peut espérer toucher un surcroît de revenus grâce aux droits d’auteur générés par les passages radio de ses tubes. Des revenus annexes non négligeables... Mieux vaut passer sur France Inter (qui paie 217,39 euros pour une chanson de trois minutes) que sur NRJ (qui paie 39,20 euros le titre).
Vive 2007 !
Chiffres officiels établis par IFOP/TITE LIVE/SNEP. Le classement des meilleures ventes d’albums en France est la propriété du GIEEPA. Tous droits de reproduction et de communication réservés. Merci à Emmanuelle Berretta.
Enquête et estimation des salaires par le magazine "Le Point" (voir www.lepoint.fr).