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Interview
vendredi 30 octobre 2020 14:10

Vianney en interview : "Je n'ai jamais eu peur d'être populaire"

Vianney est de retour aujourd'hui avec son nouvel album "N'attendons pas". Pour Pure Charts, le chanteur se confie en interview sur son énorme succès, son rapport à la vie privée et au statut de star, mais aussi les histoires fortes des chansons "Beau papa" et "Merci pour ça", et son futur rôle de coach dans "The Voice".
Crédits photo : Jerome Witz
Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Comment on digère un succès comme celui rencontré avec le précédent album et l'imposante tournée qui a suivi ?
Je crois qu'il faut considérer que c'est secondaire dans la vie. Je pense que c'est ça que j'ai chevillé au corps. Mon essentiel n'est pas du tout dans ce que tu appelles le succès. Moi c'est bien plus auprès de ma famille, de mes amis. Et puis la simple idée que j'ai beaucoup de chance de faire ce que je fais. C'est plutôt réjouissant, ce n'est pas bouleversant.

« Je n'avais aucune envie de succès populaire »
Ça reste abstrait la notion de succès pour toi ?
Oh oui, c'est absolument secondaire. C'est la chose dont je me passerais. Le succès, c'est hyper subjectif. Moi je pensais déjà qu'il y avait du succès quand il y avait dix personnes aux concerts. Après, quand il y en a des milliers, c'est autre chose mais ce n'est pas ça qui me fait me lever le matin.

Quand même, quand tu remplissais des petites salles à tes débuts et que désormais tu remplis des Bercy aujourd'hui, ce doit être impressionnant, non ?
Oui mais je ne regarde pas du tout ça. J'aimerais bien te dire des trucs genre "Poursuis tes rêves" et tout ça. Mais, sérieux, ce n'est pas dans mon truc. J'ai juste fait quelque chose que j'aime profondément depuis tout petit : écrire des chansons. Je me suis accroché à cette idée-là, que j'avais le droit, si je le souhaitais, de faire un métier que j'aime. Je savais que ça demanderait du travail et un peu de chance. Il fallait que j'y crois. Mais je n'avais aucune envie de succès populaire, honnêtement. Je ne suis pas du tout le bon exemple de faire rêver les jeunes, d'inspirer... Je n'ai rien envie d'inspirer. Juste, il faut embrasser nos passions, nos envies, mais je n'ai pas rêvé de vendre des milliers de disques et de remplir des Bercy.

Cette distance, c'est une façon de garder la tête froide ?
Oui, mais c'est plutôt mes proches qui me gardent la tête au frais. Ils sont toujours avec moi, au fond de moi, quoi qu'il m'arrive dans ce métier. Je me dois d'être fidèle à d'où je viens, à ce que je suis. Mais il n'y a même pas de discussion, je ne mets rien en oeuvre pour que ça se passe, c'est comme ça que je suis.

« Tout le monde s'en fout de la vie privée des artistes »
Ton nouvel album "N'attendons pas" est très intime : tu reviens en arrière, en évoquant souvent ton enfance, ton passé. Quelle était l'envie derrière ce projet ?
C'était davantage de me dire que tout donner dans un album, ça ne doit pas attendre. Il ne faut pas se réserver pour la suite. Il faut tout faire comme si c'était le dernier album. J'ai tout fait comme ça. C'est sûr que j'étais obsédé par cette idée-là, de réussir à parler des choses qui me touchent vraiment. Il y a moins de pudeur mais il y en a toujours quand même parce que je suis fait comme ça. Je me livre beaucoup dans mes chansons. Il faut faire de chaque jour quelque chose d'unique, d'exceptionnel. C'est ça qui donne de la liberté, qui rend heureux. C'était mon seul cap, de tout donner, à chaque seconde.

Tu as vraiment ressenti que ça pouvait être ton dernier album alors que ce n'est que le troisième ?
Ah oui ! Après, je te dis ça parce que je suis passé par des phases pendant ces deux ans de pause comme "Je ne ferai plus jamais d'album" et après "Bon, en fait, il me reste des choses à dire". Je sais que je ne suis pas du tout attaché à l'idée d'occuper le terrain, profondément. Je ne sors pas un projet tous les six mois, comme peut-être il le faudrait pour être raccord avec le marché actuel. Je ne suis pas comme ça. Je suis admiratif de ceux qui fournissent autant, mais je n'ai pas cette pression de grand vide, au fond de moi. Donc tout est possible...

Regardez le clip de "Beau-papa" de Vianney :



« Je chante le quotidien d'un mec normal, voire banal »
Sur l'album, tu chantes que tu es devenu "Beau papa", tu parles de "deux anneaux" dans "Pour de vrai". Tu nous en dis beaucoup sur ta vie personnelle, presque l'air de rien...
Je crois que je parle des choses de ma vie, assez simplement. Je ne suis pas dans l'optique de cacher, je ne cache rien. En revanche, c'est vrai que je pense réellement que ce qui est important à savoir sur moi ce sont mes chansons, ou ma vision de la chanson et de la musique, plutôt que ma vie privée. Je pense que les magazines people vivent dans un monde parallèle. En réalité, les gens sont peut-être un peu intéressés par la vie intime des célébrités mais ça ne les passionne pas une seconde. Tout le monde s'en fout. Je n'ai pas envie de faire un événement de mon mariage ou de ma situation familiale. Ce n'est pas ce qui compte du tout pour moi. J'aurais une vie hors du commun... Mais pas du tout, j'ai une vie très normale. Je ne chante rien d'autre que de la vie quotidienne d'un mec normal, voire banal.

Vraiment ?
Oui, j'adore écrire des chansons, je le fais depuis que je suis tout petit. Et je le fais plutôt pas mal. Au début, c'était sincère, maintenant, j'écris des chansons de sorte de faire un album. C'est ça mon truc à moi. Le reste, c'est inintéressant. C'est pour ça que ça ne m'intéresse pas d'en parler vraiment, mais en informer via la chanson, discrètement comme tu le notes toi.

Tu ne penses jamais à changer certains mots dans tes textes car tu sais que ça va faire parler ou attiser quelque chose autour de ta vie privée ?
Non, je ne réfléchis pas comme ça. Si on m'interroge à propos d'un truc dont je ne veux pas parler, je suis assez débile pour être une tête de pioche et de ne rien dire. Ça m'arrive très souvent !

« Tant qu'il y a de l'amour, on peut construire »
Dans "Beau papa", tu chantes "Y'a pas que les gènes qui font les familles / Des humains qui s'aiment suffisent ». C'est une phrase forte, qui doit résonner tout particulièrement auprès des couples de même sexe, alors que le sujet de la PMA fait débat. Tu y as pensé ?
Je crois qu'il y a plein de formes de familles aujourd'hui, et je suis très heureux de voir, depuis que j'ai sorti cette chanson, qu'il y a des formes très différentes de familles qui se retrouvent dans ce que j'ai pu écrire. Dans ma chanson, je n'ai jamais voulu minimiser la tristesse que pouvait engendrer pour un enfant des parents qui se séparent ou des parents absents. Je préfère toujours un enfant aimé par ses deux parents qui s'aiment plutôt qu'un orphelin, plutôt qu'un enfant de parents séparés. Il y a toujours un schéma idéal de parents qui s'aiment. En revanche, la réalité, et j'en suis le premier à le vivre au quotidien, ce n'est pas aussi évident. Cette chanson, c'est de dire que tant qu'il y a de l'amour, on peut construire. Je crois en ça. Je n'idéalise pas du tout ma situation ou une autre.

Regardez le clip "Merci pour ça" de Vianney :



Dans la chanson très forte "Merci pour ça", tu t'adresses à Karim, un sans-abri avec qui tu es devenu proche. Tu chantes "Avant toi je ne voyais rien". Ça signifie quoi pour toi ?
C'est un peu un écho à la phrase de Saint-Exupéry : "On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux". On peut toujours mieux voir avec le coeur. Il y a des rencontres qui nous ouvrent l'âme et le coeur. Je parle de ces gens qui n'ont pas grand-chose mais qui ont une âme et un coeur qui peut ouvrir et enrichir le nôtre. Je le dis mieux dans la chanson, je suis désolé ! (Rires) Les gens qu'on ne regarde pas, ils m'apportent beaucoup au quotidien. Souvent, ces gens-là voient mieux que ceux qui ont l'impression d'avoir tout vu.

« Je n'ai jamais été branché de ma vie »
Ces rencontres ont changé ta vision de la vie, j'ai l'impression...
Oui complètement. J'ai toujours fait attention d'être attentif à l'autre. C'est grâce à ça que j'ai pu recevoir son message à lui, de totale liberté, qui m'a beaucoup apporté et inspiré. Les sages de ce monde ne sont forcément pas ceux qu'on croit. Il y a beaucoup de sagesse dans la rue. Ce type-là, il m'a rendu plus sage, et pourtant il n'appartient pas à ceux que certains appellent "les premiers de cordés". On a à apprendre de tous.

Dans "Mode", le texte m'a fait sourire quand tu chantes "Moi tenter j'ai beau, j'ai pas le niveau". Tu as souvent essayé plus jeune d'être à la mode ? Et même encore aujourd'hui, c'est tentant d'avoir envie d'être branché ?
(Il rit) En vrai, c'est quelque chose qui ne m'importe pas. Mais avec mes copains, parfois, on en rigole. Force est de constater, si j'essaie d'être branché, ça ne me va pas. Une fois, c'est drôle, une marque m'a gentiment offert un blouson magnifique, qui coûtait une fortune. Je n'avais rien demandé, je reçois ça, on m'offre un truc de star quoi ! J'avoue, je ne l'ai jamais rendu et je ne l'ai jamais porté non plus, avec mes potes on l'appelle "le blouson de chanteur". J'ai plein de potes chanteurs ou rappeurs qui sont ultra lookés, ils sont stylés. Je m'imagine si je portais ce qu'ils portent... Mais je ne me dénigre pas car j'aime être comme ça, tout va bien. J'ai du mal à être branché, je ne l'ai jamais été de ma vie, c'est comme ça.

Tu me dis qu'on t'a envoyé un "truc de star". Mais tu n'as pas conscience d'être l'un des artistes les plus populaires en France, et donc une star ?
Je pense qu'on est plus gêné parfois par l'étymologie... Moi c'est peut-être le mot star qui me dérange. Je préfère celui de populaire oui, c'est mieux. Star, je n'aime pas trop. Pour moi, une star c'est Nabilla. Et on a besoin de stars dans la société, ça fait du bien, c'est marrant. Mais moi star c'est comme si ton métier c'est d'être connu, et je ne pense pas que ce soit mon cas. Pour le reste, je ne vais pas faire comme si je ne voyais pas qu'on a eu beaucoup de chance sur le précédent album, ça s'est super bien passé. Je le sais mais ce n'est pas ce qui compte et ce n'est pas ce que je retiens de notre parcours.

Regardez le clip de "N'attendons pas" par Vianney :



« Ce n'est pas parce que tout le monde fait du rap aujourd'hui, qu'il faut passer par là »
Je lie le titre "Mode" à la chanson "Les imbéciles" où tu assumes être à contre-courant, de venir d'un "monde démodé", tu parles de ton rapport au succès et tu pointes du doigt la richesse à outrance. Ironiquement, c'est ton côté anti-star qui te rend populaire...
C'est le serpent qui se mord la queue ! (Rires) Ce sont mes réflexions en chanson ça... Globalement, ce que je retiens de tout ça, c'est qu'il faut faire ce qui nous ressemble, ce qu'on aime, exprimer ce que l'on est, du plus profond de nous-même. C'est ça qui est vraiment important. Ce n'est pas parce que tout le monde fait du rap aujourd'hui, qu'il faut passer par là. Il ne faut pas essayer de suivre une tendance, une vague, c'est très piégeux. Je me suis concentré sur ce que j'aime par dessus-tout : la chanson. C'est vrai qu'on est moins nombreux mais paradoxalement, c'est peut-être plus facile même si ce n'est pas la tendance.

Dans "Mode"; tu chantes : "Parfois les gens sont bloqués sur une musique / Ils te préfèrent au passé, d’instinct nostalgiques". Tu redoutes le jour où les gens écouteront peut-être plus tes premières chansons que les dernières ?
(Il éclate de rire) C'est dur de répondre à ça ! Quand j'étais du côté spectateur, je me suis vraiment dit ça quand j'allais voir des vieux chanteurs. Je me disais : "Putain, on connaît beaucoup mieux les chansons de quand il était jeune, il doit le prendre mal". Mais je me dis tout le temps que ce qui nous est arrivé, c'est déjà énorme. Est-ce que ça arrivera à nouveau ? Il n'y a rien de moins sûr. Ce sont des petits miracles. "Je m'en vais", ça a été un miracle dans notre aventure d'équipe, de chansonnier, de label... S'il y a des gens qui restent là-dessus, je ne pense pas que ce soit si malheureux que ça. Je serais heureux déjà si à 50 ans, on chante encore mes chansons. Tu es encore plus heureux si on chante les dernières, c'est sûr, mais c'est rare...

« Je n'ai jamais eu peur d'être populaire »
Quand on lit tes textes ou qu'on discute avec toi, on a l'impression que d'avoir la lumière sur toi, ça te gêne presque. Est-ce que ce n'est pas un peu contradictoire avec le fait de devenir coach dans "The Voice" l'an prochain, qui apporte une énorme exposition ?
Bien sûr que j'ai pensé à ça. C'est ça qui m'a fait refuser pendant pas mal de temps. Et à la fois, je pense que j'ai fait tellement d'émissions que cette idée-là me perturbe beaucoup moins qu'avant. Il y a des chanteurs pour qui c'est une torture, moi pas du tout. J'aime bien, je suis là... Je n'ai pas le sentiment de prendre la lumière quand je fais une émission. On ne se rend pas compte de ça au moment où on tourne. Et je n'ai jamais eu peur d'être populaire. Ce qui me gênerait, c'est d'être pris pour ce que je ne suis pas, de faire de moi une idole, un modèle. Là, ce serait bizarre pour moi. Ou de s'intéresser à ma vie privée. Ça, ça me dépasse. Mais que les gens viennent nombreux aux concerts, pour mon équipe ou pour moi, je trouve ça mortel. Je n'ai pas une allergie au succès, ce serait malhonnête avec ce qu'on vit . Mais ce n'est pas ce que je recherche. Et quand je fais une émission, je ne fais évidemment pas ça pour ça. Et "The Voice" encore moins. Si j'ai refusé pendant quelques années, c'était réellement parce que j'ai besoin de faire les choses au bon moment. Ce n'était pas le moment et là ça s'y prête mieux.

Dans le dernier titre de ton album, "Tout nu dans la neige", tu dis : "Moi je suis devenu si fort, si seulement tu me voyais / C'est fou comme les gens ignorent qu'il m'arrive de tomber". C'était important de montrer tes failles, de ne pas idéaliser la vie d'un artiste populaire ?
Oui... Instagram exprime au mieux ce que je veux décrire. Finalement, les gens savent ce qu'on leur dit, ce qu'on leur montre. Parfois, ils n'imaginent pas que l'envers du décor n'est pas forcément aussi reluisant qu'il n'y paraît. Moi je suis toujours heureux de reconnaître mes failles et mes faiblesses. Je n'aimerais certainement pas qu'on me voit comme un roc, infaillible, qui enchaîne des centaines de dates et d'interviews, des albums... Je ne suis pas du tout insubmersible, au contraire. J'aime bien être honnête sur ce point-là.
Julien GONCALVES
Toute l'actualité de Vianney sur sa page Facebook.
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