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Exclusif
mardi 03 janvier 2012 13:00

Thierry Séchan écrit une nouvelle lettre à Renaud : "Je suis sûr que tu vas rebondir"

Le frère de Renaud récidive. Après avoir publié une missive en forme d'appel à l'aide, Thierry Séchan publie un contre-point, une autre lettre un peu plus optimiste. Alors que Pure Charts avait publié en exclusivité la lettre en forme d'appel à l'aide de Thierry Séchan, nous vous proposons aujourd'hui de découvrir en avant-première la suite de cette missive.
Crédits photo : ABACA

Le frère du chanteur Renaud signe, en effet, à la fois une préface (qu'on vous avait fait découvrir en exclusivité le 10 novembre dernier) et une postface d'un ouvrage à paraître jeudi 12 janvier aux Éditions Fetjaine. Et c'est cette postface que nous vous proposons de lire en intégralité aujourd'hui. Le livre intitulé "Renaud, putain de vie" et signé Claude Fléouter est une sorte de biographie du chanteur de "Mistral Gagnant". Le texte est entouré de deux lettres du frère du chanteur. Une préface relativement noire et une postface un peu plus optimiste.

La publication de la préface de Thierry Séchan avait créé un véritable émoi tant dans la presse que chez les fans de l'artiste. Il lui demandait ainsi solennellement « Laisse pas béton ! » lui reprochant « Tes vieux démons ont repris le dessus ». En effet, quelques jours après la publication du texte, on voyait le chanteur à la Une du journal "Le Parisien", attablé à la Closerie des Lilas, son QG

« Aujourd’hui, je te vois envahi par le « soleil » noir de la mélancolie j’ai du mal à le supporter, tu sais. Mais je suis sûr que tu vas rebondir, il ne peut en être autrement. Tu as encore de belles chansons à écrire, mon frère. Non, vraiment, l’auteur du Mistral gagnant ne sera jamais un « ménestrel perdant ». », écrit aujourd'hui Thierry Séchan dans sa postface.

Le texte sobrement intitulé "Lettre à mon frère (suite et fin)" débute par les mêmes mots que la préface : « Mon bien cher frère ». Elle est légèrement plus courte que la première : quatre pages dans le livre définitif contre cinq pour la préface. De la même manière, Thierry Séchan s'appuie sur ses souvenirs pour tenter de réveiller le chanteur : « Puisque j’ai préfacé cet ouvrage, je puis aussi bien le postfacer, ne serait-ce que pour ajouter une note rose à ce tableau un peu noir de ton existence actuelle. Bien sûr que c’est beau, le noir, le noir du drapeau de toutes les révoltes, plus beau que le jaune si souvent évoqué ici, sous forme d’anisette. Mais le rose, le rose bonbon, le rose des lèvres des petites filles, le rose de « la vie en rose », n’est-ce pas plus joli ? D’autant que ta vie ne fut pas toujours aussi morose. Les doutes, les angoisses, puis la dépression, tout cela ne survint qu’au milieu des années quatre-vingt. Avant tout fut beau !, » écrit-il ainsi au tout début de sa postface.

Thierry Séchan rappelle ensuite aux chanteurs ses belles années : « Quant à tes vingt premières années de carrière, tu ne vas pas me dire que tu les regrettes ! Chaque album, chaque tournée, te faisaient gravir une marche de plus dans le cœur du public, t’inscrivaient un peu plus dans le patrimoine de la chanson française. Un parcours exemplaire ! », rappelle-t-il. « En fait, moi, je pense que tu es un poète tout court en chanson et dans la vie. », avance Thierry Séchan.

L'enfance, l'adolescence, les vacances en Grèce, l'enregistrement de "Morgan de toi" à Los Angeles, Thierry Séchan revient sur plusieurs moments marquants de la vie du chanteur et lui rappelle ses débuts : « Puis le succès t’arriva, par hasard, comme une divine surprise. Il suffit qu’un animateur de radio s’entichât de Laisse béton pour que le titre devienne, en quelques semaines, numéro 1 au hit-parade. Dans les années qui suivirent, tu enchaînas succès sur succès, remplissant les salles, passant de Bobino à l’Olympia, puis du Zénith à Bercy. ». Un moyen de lui ouvrir les yeux sur ce que la musique a pu lui apporter ?

Il le remercie aussi indirectement pour sa bonté : « Généreux, toi, tu le fus plus que personne. Grâce à toi, le partageur, nos quatre frères et sœurs ont eu un bel appartement. Moi, non. Comme le Prince de Ligne : j’ai dépensé quatre-vingt dix pour cent de ma fortune en alcool et en femmes, le reste, je l’ai gaspillé. » Notre cher frère David ne m’a-t-il pas surnommé « Gaspille le magnifique » ? », rappelle le frère du chanteur comme s'il voulait le prévenir de ne pas faire de même… Thierry Séchan termine sa lettre par une touche d'optimisme : « Je suis sûr que tu vas rebondir, il ne peut en être autrement. »


Pure Charts vous propose de découvrir – en exclusivité - ci-dessous l'intégralité de la « Lettre à mon frère (suite et fin) », signée Thierry Séchan.

Lettre à mon frère (suite et fin)

Mon bien cher frère,

Puisque j’ai préfacé cet ouvrage, je puis aussi bien le postfacer,
ne serait-ce que pour ajouter une note rose à ce tableau un peu
noir de ton existence actuelle. Bien sûr que c’est beau, le noir, le
noir du drapeau de toutes les révoltes, plus beau que le jaune si
souvent évoqué ici, sous forme d’anisette. Mais le rose, le rose
bonbon, le rose des lèvres des petites filles, le rose de « la vie en
rose », n’est-ce pas plus joli ? D’autant que ta vie ne fut pas toujours
aussi morose. Les doutes, les angoisses, puis la dépression,
tout cela ne survint qu’au milieu des années quatre-vingt. Avant
tout fut beau ! Souviens-toi : comme elle fut douce, notre
enfance ! Des parents merveilleux, et six frères et sœurs qui
s’adoraient. Cela n’a pas changé, du reste. Et notre adolescence !
Généreuse, voyageuse, rebelle. Quant à tes vingt premières
années de carrière, tu ne vas pas me dire que tu les regrettes !
Chaque album, chaque tournée, te faisaient gravir une marche
de plus dans le cœur du public, t’inscrivaient un peu plus dans
le patrimoine de la chanson française. Un parcours exemplaire !

Ah, notre enfance ! L’école, les copains, nos vacances
nomades, dans la Drôme ou à Vialas, au cœur de notre chère
Lozère. On a dit de toi que tu étais un « poète de la rue ». Le
grand Frédéric Dard a pu écrire que tu faisais « le boulot de
Verlaine avec les mots de bistrot ». En fait, moi, je pense que tu
es un poète tout court en chanson et dans la vie. Dans les
années cinquante (tu devais avoir quatre ou cinq ans), un jour
que nous étions en voiture sur une petite route de Lozère, avisant
une montagne déchiquetée, tu demandas : « Pourquoi la
montagne elle est cassée ? » Silence embarrassé de nos parents.
Comment expliquer à un gamin de quatre ou cinq ans le phénomène
de l’érosion ? J’imagine que mon père botta en touche.

Quelques années plus tard, toujours en été, nous avions loué
une grande maison à Vialas, ce qui nous avait permis d’inviter
nos chers « Pépé » et « Mémé ». Ah, l’admiration que nous avions
tous pour Pépé, le fameux Oscar de ta chanson ! Grand et fort, le
regard bleu des hommes du Nord, la prestance d’un Gabin ou
d’un Maurice Chevalier. Le premier jour des vacances, nous assistâmes,
muets d’étonnement, au petit déjeuner du grand homme.
Assis à une table, sur la terrasse, il avait devant lui un bol de café,
des tartines, du beurre, du saucisson à l’ail, du pâté de campagne
et… une bouteille de vin rouge ! Ça c’était un homme !

Malgré la différence sociale (la plupart des vacanciers étaient
professeurs, médecins, commerçants…), notre grand-père était
apprécié par tout le monde. Sa gentillesse et son sourire charmeur
compensaient largement son manque d’éducation.

Une enfance heureuse, dans une France profonde qui n’était
pas encore la jungle qu’elle est devenue.

Et notre adolescence ! Notre fière adolescence ! T’en
souviens-tu ? Tu avais vingt ans, j’en avais vingt-trois, et nous
vivions notre époque de « dandy » cheveux longs et blonds,
chemises blanches 1900, redingotes et cuissardes. Le soir, nous
déambulions entre le Sélect (pour l’apéritif), La Coupole (pour le
dîner), puis le Rosebud, jusque tard dans la nuit, parlant à tout
le monde, un verre dans une main, une cigarette dans l’autre.

Ah, les nuits de Montparnasse !

Et nos voyages ! C’est moi qui te fis découvrir la Grèce, où
tu me retrouvas en 1975.

Patmos la blanche…Patmos de saint Jean l’Apocalypse.

L’Apocalypse, à une époque où nous vivions comme des
princes pour l’équivalent de dix euros par jour. Nous nous
nourrissions de salades grecques et de petites brochettes, et
puis nous buvions ouzo sur ouzo, une sorte de Pastis grec. Tu
étais venu avec ton premier 45 tours (Hexagone), et le propriétaire
du bar du village avait accepté que tu places ton disque
dans son Juke-Box. On peut dire que les Grecs de Petros
entendirent tes chansons (si je ne me trompe, il y avait aussi,
en face B, Société, tu m’auras pas) avant les Français…

Cette année-là, Dominique était venue avec toi. La belle, la
radieuse, la lumineuse Dominique – Domino pour les intimes.
Quelques années après, tu lui consacrais une bien jolie chanson,
Ma gonzesse, un petit chef-d’œuvre d’humour. La plus
belle fille de Petros, assurément.

L’année suivante (à moins que ce fût la précédente…), Martin
Lamotte nous avait rejoint. Je crois que je n’ai jamais autant ri
de ma vie, d’autant que tu lui donnais la réplique à la perfection.
Puis le succès t’arriva, par hasard, comme une divine surprise. Il
suffit qu’un animateur de radio s’entichât de Laisse béton pour que
le titre devienne, en quelques semaines, numéro 1 au hit-parade.

Dans les années qui suivirent, tu enchaînas succès sur succès,
remplissant les salles, passant de Bobino à l’Olympia, puis
du Zénith à Bercy.

Et Los Angeles, tu t’en souviens ? Pas le premier séjour
(enregistrement de Morgan de toi), le second. Je t’accompagnais,
en studio comme à la ville. C’est là que tu enregistras
Mistral gagnant, ton chef-d’œuvre absolu, une des plus belles
chansons de tous les temps.

Par un bel après-midi, nous roulions dans ta Porsche de
location lorsque tu me signales qu’une voiture de police
nous suivait en faisant des appels de phare. « Nous n’avons
commis aucune infraction, te dis-je naïvement. Continue ! »
Fort heureusement, tu fus plus prudent. Tu t’arrêtas sur le
bas-côté. Aussitôt, quatre flics encerclèrent la Porsche. On te
fit comprendre que tu devais garder tes mains sur le volant.
Puis l’on nous extrayait gentiment de la voiture.

Toi et moi, à quelques mètres l’un de l’autre, nous fûmes
interrogés par les policiers. « Nous sommes français, expliquai-je,
mon frère est un chanteur célèbre qui enregistre un nouvel
album à Los Angeles ». « Ce monsieur n’est pas français »,
m’assura l’un des crétins galonnés. « Comment ça, il n’est pas
français ? M’insurgeai-je. Et son accent alors ? » Avec la certitude
d’un grand linguiste, le tueur appointé me répondit :
« C’est un faux accent français. » Les bras m’en tombèrent. Soudain
je réalisai que nos flics parisiens étaient des intellectuels à
coté de ses cops californiens. Le cirque dura près d’une heure.
Enfin, sans un mot d’excuse, on nous rendit nos passeports en
nous expliquant rapidement que tu ressemblais à un dealer
recherché dans tout L.A. Toi, dealer ! Dealer de poésie, de
révolte et d’humour, peut-être, mais de drogue, no chance. Il
suffit d’écouter La Blanche ou P’tite conne pour s’en convaincre.

Tu rentras à Paris avec ton plus bel album sous le bras, tu rentras
direction La Closerie des lilas. Étienne Roda-Gil était là,
notre ami poète, le plus grand parolier français, alcoolique et
anarchiste, généreux et hâbleur, un seigneur. Généreux, toi, tu le
fus plus que personne. Grâce à toi, le partageur, nos quatre frères
et sœurs ont eu un bel appartement. Moi, non. Comme le Prince
de Ligne : j’ai dépensé quatre-vingt dix pour cent de ma fortune
en alcool et en femmes, le reste, je l’ai gaspillé. » Notre cher frère
David ne m’a-t-il pas surnommé « Gaspille le magnifique » ?

Aujourd’hui, je te vois envahi par le « soleil » noir de la
mélancolie j’ai du mal à le supporter, tu sais. Mais je suis sûr
que tu vas rebondir, il ne peut en être autrement. Tu as encore
de belles chansons à écrire, mon frère. Non, vraiment, l’auteur
du Mistral gagnant ne sera jamais un « ménestrel perdant ».

T.O.S


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Steven BELLERY
Relire la préface de Thierry Séchan à son frère Renaud où il lui demande "Laisse pas béton".

"Renaud, putain de vie" paraitra jeudi 12 janvier aux Éditions Fetjaine. Il est signé Claude Fléouter, préfacé et postfacé par Thierry Séchan.

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