MIKAThe Boy Who Knew Too Much
Michael Holbrook Penniman est américano libanais, ancien dyslexique bilingue français et mesure 1m92. Il est obsédé par Chantal Goya, les radios américaines refusent de le jouer en raison de l’ambivalence sexuelle de ses textes et il vit toujours chez sa mère. Qu’importe Mika est une star en technicolor !
Son premier ovni-album "Life in Cartoon Motion" (c’est sa sœur Yasmine qui en avait dessiné la pochette) avait été le succès planétaire surprise de 2007 avec cinq millions d'albums vendus. Un million de copies rien qu’en France, portés par les tubes bariolés "Relax", "Big Girls" ou "Grace Kelly", dont les refrains sont devenus des classiques. Sauf qu’au sortir du succès fulgurant, l’artiste plus torturé qu’il n’y paraît bloque, réfléchit puis doute. C’est grâce en partie à un entretien privé avec Pete Townsend, le guitariste des Who, qui lui conseille de penser et d’agir comme un artisan et pas comme un artiste, qu’il se remet au travail.
2 ans donc entre les deux albums ponctués d’un cadeau aux fans en mai dernier : un EP de 4 titres inédits intitulés "Songs for Sorrow", au son plus mélancolique. Ce vendredi 18 septembre marque donc le retour de notre Tanguy dandy pop préféré avec son nouveau bonbon musical de 12 titres baptisé "The Boy Who Knew Too Much" (Le garçon qui en savait trop) en hommage à son film préféré d'Hitchcock, "L’Homme qui en savait trop". Alors que le premier opus s’inspirait de son enfance, son successeur puise son essence dans l’adolescence de Mika retraçant ses doutes, son inconscience et ses obsessions de l’époque. Il conserve les essentiels qui nous ont fait adorer le premier : une énergie entrainante et communicative, de la positive attitude, un poil exubérante. Parce que c’est ça son credo au fond à Mika : c’est un dealer de bonheur. La valeur ajoutée de cet album est de nous rappeler le bon côté des 80’s. Les titres s’enchaînent et cet auteur compositeur nous dévoile en filigrane ses influences : Freddie Mercury, Jimmy Sommerville ou encore Georges Michael semblent oniriquement avoir façonnés sa voix telles des fées penchées sur son berceau fluo. Pour comprendre cet album et le son si particulièrement familier de Mika, nous nous devons de faire un flashback. Ce son, ce grain ces rythmiques puisent leur inspirations dans le travail du trio Stock, Aitken et Waterman. Ces producteurs britanniques de génie ont trusté les charts des années 80 avec leurs hits pop sucrés formatés interprétés par Kylie Minogue, Bananarama, ou encore Jason Donovan. Formateurs pour toute une génération d’artistes qui suivront.. Pour cet album enregistré entre Londres (« Olympic Studios ») et Los Angeles (« Rocket Carousel Studios ») on retrouve aux manettes le producteur hitmaker de Los Angeles Greg Wells (à qui l’on doit des productions pour Katy Perry, One Republic ou encore Pink,) qui avait déjà opéré sur "Life in Cartoon Motion". "We Are Golden", (qui était le premier choix de nom pour l’album), et "Blame It On The Girls", sont les tubes en puissance, calibrés pour la radio et construit pour la scène. "We Are Golden" avec la signature sonore sucrée et androgyne de Mika, les riffs de guitare qui montent en puissance ici et là, et le thème du « Ne renonce pas quand tu es jeune et que tu en veux », n’est pas sans rappeler les structures de Queen. Un titre pas désagréable du tout, porté par un clip ou apparaît le côté aduslescent du chanteur qui s’amuse au « voguing », une mode des années 1980 où les gens jouaient à être des personnages en défilant. Côté chœurs on retrouve le gospel Andrae Crouch (qui ont notamment collaboré avec Mickael Jackson). "Blame It On The Girls", c’est mon coup de cœur. Malgré une composition qui n’a rien d’éblouissante, son refrain donne envie de quitter son siège et de courir rejoindre Mika dans son univers particulier pour partager son goûter. "Toy Boy" est une chanson comme une ritournelle enfantine, mignonne mais sans plus. On notera l’effort de genre dans la vidéo, les images du clip ont été crées par Pretty Monkey Studio un collectif d’étudiants berlinois dessinateurs et graphistes. A voir. Le morceau le plus étonnant et acrobatique de l'album est sans nul doute "Pick Up Off The Floor". Sur une ambiance jazzy cabaret à la Kurt Weill qu’on ne lui connaissait pas, Mika joue de sa voix androgyne pour un troublant numéro, joli clin d’œil au music hall. Le disque réussit également le pari d’élégantes ballades au piano, comme "I See You" et "By The Time". On y découvre un Mika qui cache ses angoisses de jeune adulte derrière des mélodies confortables. De jolies pépites qui prouve qu’il est bien plus que ce personnage qu'on croit connaître... Et qu'il est très agréable de l'écouter aussi sans envolée lyrique haut perchée. Deux déceptions cependant "Dr John" bémol créatif, le titre est proche de "Billy Brown" présent sur l’opus précédent. Un titre à zapper "Rain" : j’ai beau la réécouter je ne comprends pas l’idée créative. Fan de musiques de Disney et de la variété des années 1980, Mika signe ici un scénario de comédie musicale bourrée de tubes, qui paraîtra indigeste à eux qui n’aiment pas les arc en ciel aux couleurs saturées.. Pour apprécier à sa juste valeur l'album, il vous faudra savoir lire entre les lignes, il y a souvent une deuxième grille de lecture dans les chansons de Mika, le jeune homme est plus sujet au spleen qu’il n’y paraît. Au final, même si "The Boy Who Knew Too Much" n’a pas l’effet de surprise du premier, il nous enveloppe de bonheur pop sucrée durant 44 minutes 07 et ça pour ça qu’on va l’acheter... Et qu'il va devenir l'un de nos albums de chevet de cette rentrée. MIKA The Boy Who Knew Too Much, sortie le 18 septembre 2009 (Barclay/Universal) Notre chronique audio de l'album Chaque week-end, retrouvez la chronique audio de "L'album du Week-End" sur Charts in France, en partenariat avec Station-Millenium.Téléchargez aussi l'album du week-end sur votre ordinateur ou iPhone avec iTunes et écoutez-le où vous voulez ! Cliquez ici. Ecoutez & téléchargez cet album |