Jamie CullumThe Pursuit
Son 5 ème album sorti le 9 novembre 2009, s’intitule "The Pursuit", en référence au livre "A la poursuite de l’amour" de la romancière et mondaine anglaise Nancy Mitford. « Dans la vie, on est toujours à la poursuite de quelque chose. La vie est une longue poursuite », souligne Jamie Cullum. The "Pursuit" succède à "Heard It All Before" (1999), "Pointless Nostalgic" (2002), "Twentysomething" (2003) et surtout à l’album de la consécration "Catching Tales" (2005) qui l’avait définitivement imposé sur la scène internationale.
Son nouvel album était prêt fin 2008 mais le surdoué s’est arrêté un an pour, entre autre, écrire le texte de la chanson "Gran Torino" d’un certain Clint Eastwood, père de l’un de ses amis , Kyle, contrebassiste de jazz. Il se retrouve même grâce à cette dernière nominée aux Golden Globes la même année.
Jamie Cullum, est un pianiste de génie mais surtout un chanteur de jazz version 2009, agité et complètement allumé. Sa dévotion pour les grands standards du genre transpire dans chaque envolée de notes, enrobé d’ambiance pop voire... dance. Cet album fait la part belle à l’éclectisme et aux références de Jamie Cullum, forcément légendaires : Jimi Hendrix dont l’énergie l’inspire pour ses performances scéniques, Herbie Hancock l’artiste complet, Elton John et Harry Connick Jr. pour l’ écriture. Tout autant que Tom Waits pour l’ambiance cabaret rock que Radiohead et leur travail mélodique. L’inspiration issue de la musique urbaine est importante à l’image des talentueux Tribe Called Quest... ou Rihanna dont il reprend le hit "Don’t stop the music". Le génie Cullum aime être atypique : toutes ses nouvelles chansons ont été enregistrés dans son propre studio d’enregistrement Terrified Studios et dans sa cuisine pour …l’acoustique, avant d’être réalisés à Los Angeles par l’excellent Greg Wells, producteur entre autre de Katy Perry, ("Waking up in Vegas"), Mika ("We are Golden") ou encore OneRepublic et Deftones. On retrouve également Frank Foster, 80 ans passé, saxophoniste de la grande époque du Basie Band. Il y a joué de nombreuses années avant d'en prendre la direction musicale, à la mort de ce dernier, sous le nom de Count Basie Orchestra. Il dirige ici d’une main de maître l’orchestre de Jamie Cullum notamment sur le "Just One Of Those Things". La section de cuivres que l’on entendait sur le mythique "Thriller" de Michael Jackson fait également une apparition sur l’album. Éclectique... Mais travailler avec ses idoles n’a pas empêché Jamie Cullum à faire appel à de nouveaux jeunes musiciens plus pop rock, pour donner un coup de fouet à la production. Premier single issue de ce nouvel album "I’m All Over It" est un hit décomplexé qui flirte sans hésitation du côté de la pop anglaise, au refrain catchy imparable qui pourrait faire penser dans les chœurs à un certain Mika... Bon choix de single pour appréhender en douceur son univers si particulier. C’est sur le titre bijou "Love ain’t gonna let you down", que l’une des phrases donne son nom à l’album, jolie ritournelle sur l’importance de la présence de l’être aimé dans un univers qui va souvent trop vite pour nous tous, et encore plus lorsqu’il est artistique. Reprise de Rihanna, on se surprend à aimer "Don’t Stop The Music" plus que l’original, Jamie lui offre plus de relief, plus de corps, plus de tout en fait. "I Think, I Love" c’est LE titre pour un réveil paresseux à deux, générique d’un dimanche ensoleillé, tartines beurrées où l’on n’a rien à faire d’autre que de retourner sous la couette ... On va l’aimer pour sa simplicité d’interprétation et de composition, en juste piano voix, aussi simple qu’un "I must confess baby I think I love you today…". Frisson garanti et gros flashback au moment où les cuivres entament les riffs d’une époque révolue sur "Just one of those thing". Même si on sait très bien qu’on a pas vécu cette cette période au charme désuet, il y a un je ne sais quoi qui colle à l’inconscient collectif. Bill Hughes, le directeur musical de l’ensemble, a confié au sujet de ce titre une anecdote au chanteur. La toute dernière fois que l’orchestre a joué ce titre c’était pour une Ella Fitzgerald qui en avait oublié les paroles.. Des arrangements un brin nostalgique qui aurait pu être composé par Chris Martin, c’est le constat sur lancinant "If I Ruled The World". « If I Ruled The World every day would be the first day of spring » (Si je gouvernais le monde, chaque jour serait semblable au premier jour du printemps), confesse-t-il d’une voix lancinante sur ce titre teinté d’espoir naïf malgré une mélodie traînante. Déstabiliser pour créer quelque chose de nouveau, ne jamais choisir parmi ses nombreuses influences, se laisser guider par l’instinct : dans un milieu jazz conservateur, Jamie Cullum ose un pari fou et qui marche. Cet album est une réussite : frais, inventif, tubesque, il électrise les grands classiques et consolide la légitimité de son auteur. Pour ma part, j’écoute cet album en boucle depuis son dernier concert parisien au Point Ephemere avec une grosse préférence pour "Just one of the things" et "Love ain’t gonna let you down", "If I Ruled The World". A 30 ans et bientôt mariée (à Sophie Dahl, la petite fille du célèbre écrivain Roald Dahl), Jamie Cullum est la nouvelle star. Ecoutez & téléchargez cet album |