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Interview
lundi 16 mai 2016 13:45

Griefjoy en interview : "On peut aimer l'électro pure et kiffer une bonne chanson pop"

Griefjoy passe la seconde avec "Godspeed". Retrouvé dans un café parisien, Guillaume, le chanteur du quatuor français, explique pourquoi ce deuxième album est la fin d'une quête d'identité, se confie sur Internet et les haters, parle Booba et musique classique et nous raconte son passé avec... "Popstars". Rencontre !
Crédits photo : Etudes Studio
Propos recueillis par Yohann Ruelle.

Le deuxième album est toujours une étape délicate. Comme vous l'avez abordé ?
On a gardé notre identité mais on a eu envie d'offrir quelque chose de nouveau. De ne pas se répéter. On a horreur de se répéter ! On s'est posé la question de savoir si ça allait dérouter ceux qui avaient apprécié nos premières chansons et puis à la sortie du premier titre "Godspeed", qui est techno et très instrumental, on a été surpris par les réactions. Les gens ont adhéré et on a même senti l'inverse, on a reçu des messages du style « Éclatez-vous les gars, faites-vous plaisir ». Forcément, ça motive.

Dès le départ, vous aviez envie de prendre ce virage électronique ?
Ce qui est assez marrant, c'est qu'on ne s'en est pas tout de suite aperçu. On a toujours été influencé par l'électro, c'est une musique qu'on écoute énormément donc ça s'est fait de manière naturelle. On ne s'est pas vraiment posé de question. C'était en nous.

« On joue à l'instinct »
J'imagine que le travail de composition a été différent sur ce disque, notamment au niveau des instruments. On perçoit moins de guitare par exemple...
En fait, ce n'est pas qu'il y en a moins, c'est qu'elle est cachée et traitée avec plein d'effets. Elle est juste moins identifiable. Après, nous on ne fonctionne pas comme un groupe de rock : en répète, un, deux, trois, quatre, on joue. Moi j'arrive en studio, je pose les basses et on travaille à partir de là. On est comme quatre producteurs autour d'un ordi, avec plein de machines autour, et puis on teste différentes textures, différentes sonorités pour essayer de trouver un arrangement et un enrobage intéressants. Tout en gardant l'émotion ! On ne veut pas perdre le morceau dans des expérimentations psychédéliques, trop cérébrales... On joue à l'instinct.

Comment vous vous êtes rencontrés tous les quatre ?
On était au Conservatoire de Nice. La musique, c'était déjà toute notre vie ! Mais on n'était pas très séduit par l'idée de rester dans le classique. Trop... austère. On est tous un peu compositeurs et la musique classique c'est beaucoup d'interprétation. On avait besoin de création. Et comme on voulait être cool et plaire aux filles, on a monté un groupe de rock. (Rires)

Vous avez mixé l'album à Berlin. Qu'est ce que ça a apporté au projet ?
Un son nouveau. C'est vrai qu'on avait envie de sortir de ce son typé français, de la french touch. Notre volonté, c'était de brouiller les pistes. Non pas qu'on réfute notre identité ! Simplement, ça s'inscrit dans cette démarche de surprendre. A Berlin, la scène électro est fascinante. C'est une ville qui a tout pour plaire et tout pour déplaire. Que du béton, des murs froids... Mais il y a une vraie chaleur humaine, et une modernité dans la scène artistique. On s'y est beaucoup reconnu.

Regardez le clip "Into The Dream" de Griefjoy :



Chanter en français, c'est donc inconcevable pour vous ?
Ouais. Ça me parle pas, je crois. Et puis ça ne parle à ce projet. Pour nous, Griefjoy fonctionne avec la langue anglaise. Pourquoi changer ça ?

On retrouve sur l'album des titres presque techno, comme "Godspeed", et très électro, comme "Scream Scruture". Mais en même temps, on décèle une écriture très pop sur "Lights On", "The Tide" ou "Why Wait"... C'était voulu ?
C'est totalement assumé. Griefjoy a deux personnalités. Ce sera se mentir que d'en montrer qu'une et d'effacer complètement l'autre. Je crois que notre public l'a assez bien compris. On est capable de proposer des morceaux complètement torturés et puis des petits jets ultra pop, qui font du bien. On adore ça, on a aucun complexe là-dessus. Même si ça peut parfois nous porter préjudice, parce que les gens aiment bien créer des cloisons et séparer les choses. A croire que tu ne peux pas aimer l'électro pure et dure et kiffer une bonne chanson pop bien construite ! Nous c'est le cas.

« En France, on a un problème avec les étiquettes »
C'est pour cette raison que vous avez choisi des visuels très marqués pour cette ère ?
Tout à fait. C'est une façon de traduire cette dualité qui fait partie du groupe. Ce noir et blanc, Griefjoy... C'est aussi bête que ça mais finalement c'est important de l'imprimer. Ça aide à comprendre notre musique.

Vos influences, c'est quoi ?
Il y a un groupe qu'on cite très souvent et qui s'appelle Moderat. Puis il y en a d'autres plus connus comme Tame Impala, en électro Daniel Avery, Jamie XX, Caribou...

Tu as collaboré en solo avec le rappeur Sneazzy sur le titre "SNZ". Comment est née cette collaboration ?
C'est vrai que sur le papier, ça peut paraître étonnant. Ça m'a d'ailleurs valu de vives critiques ! En France, on a un problème avec les étiquettes. Si tu fais du rap, tu fais du rap. Si tu fais de l'électro, tu fais de l'électro. Dès que tu commences à franchir les frontières, c'est mal vu. Il y a un problème d'identité, comme si tu avais besoin de te reconnaître dans quelqu'un et puis dès que la personne change, ça te mettait mal à l'aise... C'est dommage. Moi je ne suis pas comme ça, j'ai étudié le Conservatoire, le jazz, la musique classique, j'aime tous les styles de musique. Pour moi c'est ça un artiste. Quand tu regards les plus grandes stars, de Bowie à Michael Jackson, ils ont proposé un million de styles de musique différents ! Sneazzy est venu vers moi à l'époque du premier album parce qu'on avait travaillé avec le collectif Le Garage, qui s'occupait des clips de 1995. Je n'avais jamais fait ça de ma vie et j'ai trouvé que c'était une super expérience. C'est aussi pour ça que j'aime ce métier, pour les rencontres.



C'est compliqué de gérer les avis très contrastés des internautes sur les réseaux sociaux ?
A notre échelle ça va, parce qu'on a pas encore cette exposition que peut avoir Christine and the Queens par exemple. Je pense à son duo avec Booba : les gens ont eu besoin de venir cracher leur venin. Moi je trouve ça terrible. C'est de l'art ! C'est le problème d'Internet... Après, Internet peut aussi faire des miracles. C'est le jeu, c'est le prix à payer. Faut savoir prendre de la distance.

Regardez le clip "Lights On" de Griefjoy :



Vous avez dit dans la presse ne pas être totalement satisfait de votre premier album. Que lui reprochez-vous ?
Depuis qu'on fait de la musique ensemble, j'ai l'impression qu'on est en quête d'identité. On a eu du mal à trouver notre son, à savoir vraiment ce qu'on voulait faire. Comme on aime plein de styles de musique différents, on a toujours essayé d'en mélanger le plus possible. Ça nous a pris longtemps avant de vraiment cibler ce pourquoi ce projet était fait. Et j'ai l'impression qu'on a trouvé la réponse sur ce nouveau disque. On est vraiment en phase avec notre musique, on la porte vraiment. Et du coup, le premier disque avait ce défaut, il partait parfois dans des univers qui ne nous parlaient plus trois mois après.

« La musique devrait être gratuite »
Donc là, votre identité est posé. L'étape suivante, ça va être de collaborer avec d'autres artistes ?
Ouais, peut-être ! C'est le propre des projets électro aussi, de bosser avec plein d'autres musiciens, de faire des featurings... Pourquoi pas ! Moi j'aimerais beaucoup travailler avec un pianiste qui s'appelle Nils Frahm. Après, je rêve de collaborer avec Amber Coffman, la chanteuse de Dirty Projectors. Pour moi, c'est la meilleure chanteuse au monde ! Elle est incroyable.

Vous vous placez comment par rapport à tout le débat qui agite la profession autour du streaming ?
J'ai du mal avec le format payant de la musique. Depuis tout petit. Moi j'ai grandi avec les torrents, j'ai téléchargé très jeune... sans voir les problématiques que je connais maintenant en tant qu'artiste. Il faut que j'en vive, donc j'ai forcément un regard différent aujourd'hui ! Mais tous les quatre dans le groupe, on est très moderne là-dessus. Je crois que la musique est en train de changer, on ne peut pas aller contre ça. Nous notre gagne-pain, on a l'impression qu'on le fait sur les tournées. Donc si ça ne tenait qu'à moi, la musique serait libre et gratuite pour tout le monde. Mon modèle c'est Thom Yorke. Il a toujours essayer d'innover avec Radiohead sur la façon de distribuer ses albums. Mais je crois que c'est une erreur de centrer le débat sur la musique uniquement, c'est peut-être le modèle économique de la société en général qu'il faudrait changer...

Tu vas certainement m'en vouloir de te poser la question, mais tu peux me raconter l'histoire secrète qui se cache derrière votre premier nom de groupe, Quadricolor ?
C'était évidemment un hommage à Bruno Vendelli et cette séquence culte de "Popstars" ! Ça nous faisait marrer. De faire un groupe ultra sérieux et de s'appeler comme un boys band, on trouvait ça génial ! (Rires) Et puis je crois que les meilleures blagues sont les plus courtes... A un moment, on a eu envie d'avoir un nom qui nous ressemblait plus. C'est comme ça que Griefjoy est né ! ◾
Yohann RUELLE

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