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Interview
samedi 22 février 2020 14:01

Georgia en interview : "Les groupes, ça m'ennuie"

Georgia passe la deuxième avec la sortie de son album "Seeking Thrills", véritable pépite et ode à tout un pan de la musique, de Depeche Mode à Kanye West. A l'occasion de son passage à Paris pour un concert, Pure Charts s'est entretenu avec la sensation électro anglaise. Rencontre !
Crédits photo : Hollie Fernando
Propos recueillis par Théau Berthelot.

Quel est votre premier souvenir musical ?
Pour répondre à cette question, je dois vous parler de mon histoire. Mon père [Neil Barnes, ndlr] est le membre fondateur du groupe Leftfield, qui fait partie de cette vague de groupes anglais dance dans les années 90, qui sont passés de l'underground au mainstream. On vivait dans un appartement à Londres et ma chambre était le studio de Leftfield, donc mon premier souvenir musical est d'être entourée de synthétiseurs et de boîte à rythmes. Je me souviens avoir été complètement fascinée par ces instruments.

C'est grâce à lui que vous vous êtes lancée dans la musique ?
Je ne sais pas si c'est véritablement grâce à lui. Je suis reconnaissante de la parenté musicale qu'il m'a donnée. Il a toujours marqué un soutien envers moi, il ne s'est jamais opposé à ce que je faisais. Je pense que la fusion entre mes parents fait ce que je suis maintenant.

« Je voulais rendre ma musique accessible »
Il y a une grande différence entre le premier album, plus électro, et le deuxième, plus pop et plus accessible : pourquoi ce choix ?
Le premier album est un disque spécial. C'était mon premier et je m'en sentais très fière. Je ne savais pas quoi en attendre et je ne me fixais pas de règles. Je ne faisais que créer. J'étais seule et je n'avais personne pour me dire quoi faire. Ça restait très expérimental, mais il s'y dégageait beaucoup de beauté. Je voulais que le deuxième disque soit plus accessible car je voulais amener plus de personnes dans mon univers. C'est pourquoi il sonne plus mainstream.



Quel a été le déclic qui à a mené à "Seeking Thrills" ?
C'était à un moment où j'étais en train de danser sur un dancefloor. C'est ce moment de la soirée où il est trois heures du matin, où tout le monde est amical et se met à danser ensemble. A un moment, le DJ a passé un morceau disco et c'est là que tout le monde a commencé à s'embrasser, à se câliner. A l'époque, j'étais en train d'écrire la chanson "About Work The Dancefloor" et ça a soudainement fait tilt dans ma tête. L'importance de la piste de danse, l'impact culturel que cela dégage... Je me suis dit que mes chansons pourraient embrasser ces sentiments, ces émotions. A ce moment précis, j'ai su que l'album devait aller dans cette direction en particulier.

« Mon travail a payé »
La chanson "About Work The Dancefloor" a amené certaines comparaisons avec Robyn, qu'est-ce que ça vous fait ?
C'est complètement fou ! J'adore Robyn mais je n'ai jamais essayé de me comparer à quelqu'un. Cette comparaison ne me semble pas digne, c'est une artiste incroyable mais elle est à un niveau stratosphérique et moi, je reste encore bas.

Quelles ont été vos inspirations ?
Principalement la house de Chicago, toutes ses ambiances électroniques. Mais j'ai aussi été inspirée par tous ces groupes d'electro-pop anglais des années 80 comme Depeche Mode, des chanteuses comme Madonna, Joni Mitchel, Kate Bush ou, pour quelque chose de plus moderne, Kanye West. Mais l'influence principale de cet album reste quand même les années 80.

Vous dites avoir arrêté l'alcool, la cigarette et vous êtes devenue vegan. Ces changements vous ont-ils inspiré pour "Seeking Thrills" ?
Cela a eu un changement sur ma créativité et sur mes décisions. J'ai été capable de me sentir plus concernée par ce qui m'entourait, j'avais une routine plus stable. C'était très important pour cet album. Je voulais vraiment prendre les bonnes décisions, que mes idées soient claires. Pour être honnête, pendant la moitié de l'enregistrement de l'album j'ai continué à fumer, mais j'ai détesté ça. Je me suis débarrassée de cela pour devenir, mentalement, plus consciente de l'endroit où je voulais aller.



« Il y a des chansons faites pour danser et d'autres plus sérieuses »
La chanson et le clip de "Started Out" ont permis de vous faire découvrir à un plus large public. Vous vous y attendiez ?
C'était complètement inattendu ! Quand j'y repense, c'était un moment totalement incroyable. C'est grâce à Annie Mac, la DJ de Radio 1, qui a mis cette chanson dans la playlist de son émission. Avec mon manager avec qui je travaille depuis cinq ans, on a soudainement compris que notre travail payait et que les choses commençaient à se connecter entre elles. C'était soudain mais c'était un grand moment pour nous.

Vous décrivez cet album comme une prise de pouvoir. Dans quel sens ?
Je veux que les gens puissent entendre ces chansons et se sentir capables de faire des choses différentes, l'espace d'un instant. Rechercher des sensations fortes, faire des choses pour soi... Nous travaillons si dur tous les jours pour les autres que nous oublions de prendre soin de nous, mais nous en avons tellement besoin. C'est ce dont "Seeking Thrills" parle pour moi. J'espère que ces chansons vont inspirer les auditeurs à rejeter les règles pour une nuit.

Vous dîtes avoir voulu rechercher des sensations fortes. Lesquelles ?
Ce titre, "Seeking Thrills", c'est plutôt à propos de mon interprétation face à la recherche de sensations fortes, peut-être plus sous un angle philosophique sur ce dont nous avons besoin en tant qu'être humain pour survivre. Cette recherche est une sensation forte, en quelque sorte. Dans le monde d'aujourd'hui où les nouvelles nous sont balancées constamment, où les réseaux sociaux sont omniprésents, on peut s'y perdre. Peut-être que si l'on fait quelque chose de différent, comme aller se défouler sur la piste de danse, ce qui n'est pas une chose que l'on peut faire habituellement, cela peut nous donner d'autres perspectives, nous ouvrir d'autres portes. Ma recherche des sensations fortes se passe sur le dancefloor.

« J'aime être une artiste indéfinissable »
L'idée de faire danser semble être la chose primordiale au coeur de votre musique et de vos paroles...
C'est devenu très central, étant donné que je suis une enfant de la scène rave anglaise des années 90. La bonne chose sur ce nouveau disque est qu'il y a des chansons faites pour danser mais aussi d'autres plus sérieuses. C'est une bonne balance. Cet album t'emmène en voyage pour une soirée, avec ses hauts et ses bas. Et même si le thème central de l'album est l'idée de danser, la culture dancefloor, les chansons les plus lentes sont aussi un moment qui permet de respirer.

Il y a une différence entre les singles très "mainstream" et le reste de l'album moins accessible à la première écoute et moins commercial. C'était voulu ?
Cela aurait peut-être été un peu "too much" de sortir d'un coup un album exclusivement grand public. Et j'aime être une artiste indéfinissable, un peu comme Billie Eilish, qui fait de la musique dans tous les styles musicaux. Je me suis toujours vue comme ça. On regarde juste à quel point la musique peut enthousiasmer les gens mais je ne peux pas aller simplement dans une seule direction. Je ne suis pas une de ces personnes qui se focalisent uniquement sur une seule chose, un seul genre. C'était important pour moi que ce disque puisse explorer plein d'univers et qu'il ne soit pas simplement un pur disque pop et mainstream.



« En tant que batteuse, c'est très dur de se faire une place »
Cherchez-vous à faire des tubes avec vos chansons ?
Oui, bien sûr ! Je ne sais pas si je veux forcément que chacune devienne un tube, mais j'espère que ma musique puisse continuer à être connectée aux gens qui l'écoutent. Je veux la partager avec autant de personnes possibles.

Dans le clip de "Feel It", vous mettez en avant des batteuses. Pensez-vous que leur visibilité ne soit pas assez forte ?
En tant que batteuse, c'est toujours très dur de se faire une place, d'avoir une plateforme pour s'exprimer. Ça s'améliore mais c'est toujours aussi pauvre. On va dans la bonne direction, mais il y a encore du chemin à faire à ce sujet.

Vous jouez entièrement seule sur scène. Pourquoi ne pas s'entourer de musiciens ?
Je veux juste ne pas avoir de groupes. Les groupes, ça m'ennuie. En ce moment, je trouve qu'il n'y a rien plus d'excitant que de voir un bon DJ. Evidemment, j'aime les groupes mais je veux être la curatrice d'une expérience pour les gens et je n'ai pas envie de devoir l'expliquer à un groupe. Je veux que ce soit seulement moi, je veux sentir que je fais partie du public et ne pas avoir à penser aux autres membres d'un groupe.

Vous êtes seule sur scène mais avez-vous fait ce disque seule aussi ?
Totalement oui ! J'avais Sean Oakley pour m'aider à développer mes démos, ainsi que le producteur Mark Ralph pour le mix... Je n'étais pas techniquement seule mais les chansons ont toutes été écrites seules. J'ai travaillé au studio sans relâche avec des journées de 8 heures non-stop, je suis plutôt une personne de studio.

Quelle serait votre collaboration rêvée ?
Kate Bush ou Kanye West, définitivement ! Ce serait mon rêve. Ce serait un peu difficile mais je continue d'espérer et de croiser les doigts !
Théau BERTHELOT
Plus d'informations sur Georgia sur son site officiel !

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