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Interview
dimanche 07 mars 2021 12:30

Flo Delavega en interview : "J'ai envie que ça fonctionne mais je ne veux pas me griller"

Enfin apaisé et épanoui, Flo Delavega se lance en solo avec son premier album "Rêveur forêveur". En interview pour Pure Charts, le chanteur se confie sur son départ de Fréro Delavega, les raisons de son mal-être, son amitié avec Jérémy, mais aussi sur ses chansons, son duo avec sa compagne, le monde de demain et ses rêves.
Crédits photo : DR
Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Comment tu te sens alors que sort ton premier album solo "Rêveur forêveur" ?
J'avoue, je n'arrive pas trop à me jauger, je me sens bien. Les moments de pression, de stress ou de préoccupations sont passés. Je suis content d'en parler, j'en avais besoin. Même si ça fait quelques temps que j'ai pris la parole avec le premier single... Mais ça a été très calme au début, volontairement, pour me concentrer sur la fin de la création. Je suis assez apaisé, quelque part j'ai assez confiance. Mon projet ce n'est pas que ce disque. Le projet tourne autour des rêves, je suis un grand rêveur donc j'ai rêvé d'un disque mais de plein de choses après. Je suis super excité, je sais que tout ça va me permettre d'avancer et d'incarner tous ces rêves.

« Je suis fragile parce que je n'ai pas de repères »
Tu vois quand même cet album comme un aboutissement ou vraiment comme une pierre d'un projet plus large ?
Effectivement, c'est une première pierre. Je le vois comme une carte de visite, je vais vous raconter une histoire. Visuellement, il y a tout un univers avec les pochettes, le premier clip, et plein de petits détails. Par exemple, on a proposé un pack limité avec des graines pour faire pousser des fleurs. J'avais ça en tête depuis longtemps, et j'en ai encore plein. Mais c'est aussi un aboutissement, car un album c'est un gros projet, c'est ce qui va me faire voyager loin, en tout cas je l'espère, aller loin chez les gens.

Etre seul aux commandes, après l'aventure des Fréro, ça te fait quoi ?
C'est comme si je m'exprimais avec plein de supports : la musique, les clips, les dessins... Le fait d'être seul, c'est une force, mais je suis aussi fragile parce que je n'ai pas de repères. Ça a été longtemps un questionnement, de savoir comment j'allais gérer ça. Mais j'ai plein de choses à raconter, et c'est simple de parler de ce que tu as en toi. (Sourire)

« A l'époque on disait oui à tout, il fallait être partout »
C'était évident de continuer à faire de la musique ou tu pensais vraiment arrêter après la séparation des Fréro ?
Non, ça n'a pas été évident du tout de revenir, au contraire. Ça a été un long processus même. J'ai arrêté avec une contradiction intérieure, un peu comme un conflit. J'étais dans le militantisme à l'époque, je voulais vraiment quitter ce monde. Finalement, ce processus de retour à la Terre, c'était très cool, j'ai appris plein de choses mais il me manquait une petite flamme, une intensité. Je me suis rendu compte que je voulais encore faire des chansons, raconter des choses. Là, il a fallu que je me repositionne, ça voulait dire revenir dans ce milieu, j'avais très peur de remettre les pieds dans un truc qui allait encore une fois m'embarquer.

Découvrez le clip "Printemps éternel" de Flo Delavega :



Oui car si l'album marche commercialement, on va beaucoup te solliciter...
Ça, je maitrise plus ou moins. Pour mon retour avec le premier single "Printemps éternel", j'ai volontairement dit non à la plupart des médias, c'était un choix risqué. Certains l'ont peut-être mal pris, je ne sais pas. Mais j'avais la volonté de raconter une histoire, donc j'ai invité seulement quelques médias chez moi. C'est aussi avec des choix comme ça, de ne pas dire oui à tout... A l'époque on disait oui à tout, il fallait être vu, il fallait être partout. Là j'ai envie que ça fonctionne bien sûr, mais je n'ai pas envie de me griller. Je vais y aller à mon rythme. Au moment où j'aurais la sensation qu'il faut accélérer, je le ferais parce que j'en ai envie, mais pas, au moins, de me griller.

« A l'époque des Fréro, on était pressé comme des citrons »
Le succès te fait peur désormais ? Le fait que ça puisse te dépasser...
Oui, exactement. J'en parlais avec Ben Mazué une fois. Le côté subjectif du succès. Le succès, c'est ni trop ni moins, c'est la justesse. Le succès des Fréro était un succès en termes business/ventes, mais en termes d'épanouissement, il y a eu un petit raté. On était pressé comme des citrons. On ne peut pas rejeter la faute sur les médias ou le label car on faisait partie de ce truc-là. Mais nous, on n'avait pas la maturité de dire : "Attendez, attendez, on a vendu beaucoup, maintenant on va se poser, on va prendre le temps". Cette écoute de soi, je l'ai maintenant et je vais y faire très attention. Les équipes avec qui je travaille l'ont aussi. On me demande tout le temps maintenant comment je me sens. C'est très important. L'écoute de l'humain. Certes, on travaille dans l'industrie de la musique mais on peut tout à fait être des artisans, et faire les choses comme des humains.

D'autant que désormais, les artistes n'hésitent plus à évoquer leur mal-être, le côté parfois ravageur de la promotion, des tournées...
Je pense effectivement qu'il y a une espèce de conscience qui commence à s'élargir un peu partout dans le monde. Et chez les artistes aussi. C'est super. Au delà du train infernal de la musique, il y aussi le féminisme qui s'incarne enfin maintenant dans les médias, grâce à des artistes qui portent tout ça. C'est génial que les artistes montrent leur vulnérabilité, ça humanise le tout. Ça rend les choses plus belles. En tant que spectateur, de consommateur, j'aime beaucoup ça.

« Je raconte pourquoi j'ai arrêté, pourquoi je reviens »
Ta notion du succès, elle ressemble à quoi aujourd'hui ?
Le succès pour moi, c'est déjà d'avoir pu faire l'album que je voulais faire, de pouvoir dessiner moi-même ma pochette sans qu'on me dise oui ou non. Etre acteur et décider d'où je vais, c'est déjà un succès parce que tout le monde ne peut pas le faire. Le succès, ce serait aussi de faire tous les projets et les rêves, plus ou moins grands, que j'ai en tête. J'ai très envie de faire ce petit festival chez moi dans la forêt. Je serais super épanoui si je le fais comme je l'ai imaginé. Ça vaut très certainement les 100.000 albums vendus mal vécus...

Regardez le clip "Nous deux" de Flo Delavega :



A travers ce premier album, quelle partie de toi le public n'a pas encore vu ? Car musicalement, c'est assez proche de ce que vous faisiez avec les Fréro Delavega, c'est solaire, radiophonique...
Oui, c'est vrai. En fait, c'est un tout. Les gens découvrent qui je suis réellement. Je ne me cache plus déjà, je suis tout seul. Je raconte pourquoi j'ai arrêté, pourquoi je reviens. On en sait un peu plus sur l'humain. Niveau musique, il y a le texte, et on en apprend plus sur depuis quel espace en moi j'écris et vers où je veux aller.

« Je me suis dit : "Putain mes chansons sonnent comme les Fréro !" »
Tu avais peur en revenant que le public ou même Jérémy ne comprennent pas que tu arrêtes tout pour finalement revenir après ?
Bien sûr ! Ça a été la première pression. C'est pour ça que ça a été long à accepter le fait de revenir. Quand j'ai commencé à créer ce projet, c'était visuel, poétique, c'était des bouts de textes, je voulais faire un livre. Après, j'imaginais que des chansons accompagnent ce livre. Finalement, j'ai écrit plus de chansons que de livre. Quand j'ai commencé à les enregistrer, j'étais content de ce que j'entendais mais je me suis dit : "Putain mais ça sonne comme les Fréro un peu". Là, j'ai eu peur, je me posais beaucoup de questions : "Comment ça va être perçu ?". Et puis, à un moment, j'ai lâché, je n'ai pas à me justifier. Mon chemin est celui-là, je ne vais pas m'excuser.

On a interviewé Jérémy Frérot, il y a quelques jours, pour la sortie de son deuxième album. Il nous a dit que vous vous étiez envoyés vos albums respectifs...
C'était aussi par rapport à ce dont je te parlais à l'instant. On en a discuté ensemble, je me posais ces questions de revenir, et ce que j'ai envie de dire, j'avais besoin de le faire seul, quelqu'un d'autre ne peut pas le dire à ma place. Je voulais savoir comment il le percevait, comment il se positionnait par rapport à ça. C'était normal de lui envoyer, aussi pour, quelque part, crever l'abcès et pour me sentir bien avec cette idée. Lui, ça y est, il a deux albums, un disque d'or, c'est cool ! On fait chacun notre chemin maintenant.

Il est partant pour un duo ensemble sur un prochain projet. C'est quelque chose qui t'anime aussi ?
A fond ! Je lui ai dit, on en a déjà parlé ensemble mais il faut que ce soit la vie qui l'amène. Il faut s'amuser avant de se dire : "On va faire un titre". J'aime pas placer la stratégie avant tout... Ça peut être beau mais j'aime bien qu'il y ait une histoire, que ce soit un peu plus chargé en émotions.

Ecoutez "Un beau jour" en duo avec Natalia Doco :



J'ai remarqué que dans tous les textes de ton album apparaît le mot "rêve". Pourquoi c'est si important pour toi ?
Ça a été mon cheminement. Quand j'ai arrêté, je me suis vraiment permis de rêver en grand, de déconstruire tous mes rêves inconscients, les prismes, les structures, toutes ces choses qui me limitaient dans ma vision, à travers ma peur. Ce projet-là, c'est avant tout pour parler de ce processus et pour inviter les gens à incarner les leurs, à se poser ces questions. J'ai toujours été rêveur, mais enfant on me le disait de façon négative un peu tête en l'air, déconnecté de la réalité, je n'ai jamais compris pourquoi c'était pas bien. Alors que toutes les plus belles choses qui existent ont été déclenchées par des rêveurs, des gens qui sont allés en dehors des frontières.

« A un moment donné, je voulais boycotter tout ce qui dégradait »
Tu chantes "un nouveau printemps", "le vent va tourner" ou "je sens venir un souffle". On parle justement beaucoup du monde d'après en ce moment. Qu'est-ce que tu attends de tout ça ?
On est déjà dans ce sursaut. Le monde alternatif, de demain, axé sur la nature et l'humain, il est déjà en train de se construire. C'est plutôt un appel à ouvrir les yeux sur ce qui est en train de se construire. Quand on déconstruit ces choses en nous, nos façons de voir le monde, qu'on s'ouvre, on se rend compte qu'il y a plein de gens déjà ouverts et on se connecte à ces gens, comme si on s'attirait. Si on met que le focus sur la crise comme le font les médias et les réseaux sociaux... On ne parle pas de ces belles choses qui sont en train de fleurir. Demain, il n'y aura pas un monde mais des mondes. Et, dans les villes, il y aura des quartiers où on aura des mondes. On le voit déjà avec les jardins partagés...

Est-ce que le politique n'a pas aussi un rôle à jouer là-dedans ?
Oui, j'ai eu cette réflexion qui était politique. C'est en ça que j'étais militant. A un moment donné, je voulais boycotter tout ce qui dégradait. On appelle ça les décroissants. (Sourire) Mais je me suis rendu compte que ça ne m'épanouissait pas, ce n'était pas constructif. Plutôt que de me limiter à, je préfère créer et construire pour. J'ai juste changé mon focus. Mais effectivement, tous nos actes sont politiques, ce qu'on achète... Après, c'est à nous de faire la part des choses et de voir comment on veut l'incarner. Mais il n'y a pas d'obligation, déjà si on fait des petits trucs, c'est bien.

« J'ai espoir qu'on puisse faire des tournées qui plantent des arbres »
Il y a une vraie réflexion autour de l'écologie chez les artistes, comme Coldplay qui n'est pas parti en tournée, préférant trouver une solution pour moins polluer... Tu y penses à l'impact de ton métier ?
Grave, bien sûr. C'est le premier truc auquel je pensais quand j'ai arrêté. Aujourd'hui, j'ai cette idée de festival "vert" à la maison. Je réfléchis à comment je peux incarner ce que j'aime faire, ma passion, tout en étant bénéfique pour le monde. J'ai espoir qu'on puisse faire des tournées qui plantent des arbres. Plutôt que de se dire : "Je ne fais pas de tournée". Non, fais ta tournée, utilise tout cet argent pour créer ce monde que tu as envie de voir ! C'est beaucoup plus vertueux que de ne pas faire. J'aime la vision de créer des lieux aussi, de créer du lien, pour se réfugier, échanger, éduquer...

Ecoutez "Merci la vie" de Flo Delavega :



Tu chantes beaucoup en espagnol sur l'album. J'imagine que c'est né de ta compagne, qui apparaît d'ailleurs dans le clip "Nous deux" et avec qui tu partages même un duo sur l'album ?
Oui, avec Natalia [Doco, une artiste espagnole ndlr], on ne parle quasiment qu'espagnol. J'ai appris avec elle l'espagnol d'Argentine, qui est vraiment différent. Et elle a appris le français avec moi. A la maison, on parle une espèce de mélange un peu chelou. (Rires) C'est venu naturellement, en improvisant, en fonction des sonorités, les mots espagnols se placent là-dedans. De plus en plus, j'ai envie d'écrire avec elle, de faire des choses ensemble pour son projet ou le mien.

« Avec ma chérie, on partage plein de choses, c'est ma meilleure pote »
Et c'est comment de travailler en couple ?
(Il réfléchit) C'est cool, c'est génial ! Mais créer à deux c'est dur quand on a deux mondes très personnels. Mais on a une chance de fou, on partage plein de choses, c'est ma meilleure pote, c'est ma chérie, c'est tout. On va pouvoir faire la tournée ensemble, avec notre fils. C'est cool !

On entend d'ailleurs la voix de votre fils sur "Merci la vie"...
C'est un audio que j'avais de lui. Je rentrais de la forêt, près de la rivière. Il disait "merci" parce qu'avec sa maman, le soir, il remercie beaucoup. Donc il disait : "Merci la plage, merci les oiseaux". J'avais mon téléphone et je l'ai enregistré, je l'ai envoyé à mon réal, Thierry de Cara. Il fallait qu'on en fasse un son. A l'écoute, on peut penser que c'était réfléchit mais ça s'est fait naturellement. En plus, le titre d'après c'est le duo avec Nat, c'est comme si la famille était réunie à ce moment-là de l'album, je trouve ça trop beau.

Quels sont tes projets et tes rêves alors pour la suite ?
Il y aura le festival chez moi, qui est le gros projet du début d'été. Il y aura des clips... J'ai aussi envie de créer des petits contenus, des rencontres en forêt avec des artistes. Je suis en train de réfléchir à d'autres façons de communiquer tout ce que j'ai à dire et vivre des expériences cool, des trucs éphémères. Jouer avec le fait qu'on soit un peu limités là, pour aller chercher des choses que je n'aurais pas eu l'idée de faire en temps normal.
Julien GONCALVES
Ecoutez les titres de Flo Delavega sur Pure Charts !

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