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Interview
dimanche 03 avril 2016 13:45

Fleur East en interview : "J'ai voulu travailler avec Pharrell mais le label m'a dit non"

A l'occasion de la sortie de son premier album "Love, Sax and Flashbacks", Fleur East a répondu aux questions de Pure Charts. La chanteuse, révélée dans "X Factor", évoque son parcours, ses doutes, ses sessions d'enregistrement, son rêve de travailler avec Pharell et son envie de conquérir les Etats-Unis. Interview !
Crédits photo : DR
Ton premier single "Sax" a été un énorme hit au Royaume-Uni. A quel moment a-t-il été acté que tu allais partir à la conquête de l'Europe ?
Ça a toujours été une option, mais c'est devenu une réalité quand on a vu la réaction générée par le titre, ce qui se passait sur le net, sur Spotify. On a vu qu'il y avait beaucoup d'intérêt à l'étranger, donc on s'est décidé à y aller !

Tu en avais déjà parlé avec ton label avant même la sortie du single, et pendant l'enregistrement de l'album ?
Absolument !

« J'ai souvent voulu tout abandonner »
Tu es à Paris pour promouvoir ton premier album, tu as connu un joli succès au Royaume-Uni... Tout ça arrive après dix ans de travail. Je suppose qu'il y a eu des moments où tu as eu envie de tout arrêter ?
Oui, tout à fait. A plusieurs reprises. J'ai enregistré beaucoup de démos, j'ai fait des choeurs, j'enregistrais des titres et j'espérais qu'on garderait ma voix mais finalement, ils choisissaient quelqu'un d'autre... Parfois, j'entendais un titre à la radio et c'était un titre que j'avais enregistré. C'était difficile, et c'est dans ces moments-là que j'avais envie d'abandonner. Juste avant "X Factor", c'était vraiment le pire, j'ai même envisagé de prendre une autre direction professionnelle. Mais "X Factor" m'a aidée, c'était un vrai risque à prendre et ça m'a beaucoup boostée. Et j'ai la chance que ça ait marché.

D'ailleurs, tu as décidé d'y retourner, après ta première participation en 2005...
On m'a convaincue d'y retourner, plutôt. Mes amis et ma famille m'ont poussée à le faire, mais pour être honnête, je n'étais pas très emballée à l'idée de passer les auditions. Mais j'y suis allée, j'ai fait la queue pendant des heures, dans le froid... Et ça a payé !

Et, vu que tu en parlais, le fait d'entendre sa démo à la radio sans ta voix et sans que tu aies été prévenue... Ça se passait toujours comme ça ? C'est le côté pas très rose de ce milieu...
Oui, à chaque fois c'était pareil, personne ne t'appelle pour te dire "Désolé, ce n'est pas toi qui as été retenue !". Mais ça t'aide à t'endurcir. Et "X Factor" était la dernière étape de la construction de cette carapace que j'ai pu développer. La pression était tellement intense ! Ça m'a préparée, et quand je suis sortie, j'avais l'impression d'être prête à tout donner.

Regardez Fleur East en live sur "Sax" :



A un moment, tu t'es dit que cette carapace pouvait être un obstacle ? Pour être un artiste, il faut parfois se montrer vulnérable pour développer une connexion avec le public...
C'est très juste. Mais je crois que l'émission y a aussi participé. Ça te casse. J'ai pleuré tellement souvent, sur scène, face caméra... Je pense que ça m'a aidée à m'ouvrir davantage, et j'ai appris à trouver l'équilibre entre le fait d'être une artiste et de laisser malgré tout les gens voir qui je suis vraiment. C'était quelque chose de très important à apprendre.

« J'ai appris à être prudente sur ce que je dis »
Tu as aussi eu tes premières expériences avec la presse britannique, qui peut être très violente...
Des choses que j'avais dites ont été sorties de leur contexte, et ce n'était pas très agréable... Et en tant que lectrice de magazines par le passé, je pensais que quand il y avait une citation, c'était forcément vrai. Puis, j'ai découvert des citations de choses que j'étais censée avoir dites et que je n'avais jamais dites. Mais j'ai appris à être prudente sur ce que je dis, tout en restant ouverte et honnête. Il faut juste avoir conscience du fait que les choses puissent être déformées.

Ta prestation sur "Uptown Funk" a propulsé ta version en première place des charts au Royaume-Uni, ce qu'on n'avait jamais vu dans "X Factor", qui en était pourtant à sa douzième saison. Quand tu préparais ta prestation, tu savais que ça prendrait cette ampleur ?
Pour être honnête, je pensais que c'était un énorme risque et que ça serait un carton ou un désastre parce que c'était une chanson que personne ne connaissait encore. Mais je ne m'attendais pas à un tel succès, même si la chanson est très puissante. Ça a été un tube partout dans le monde, donc ce n'est finalement pas une telle surprise.

Et tu as forcé Bruno Mars et Mark Ronson à sortir leur titre plus tôt que prévu en Angleterre !
Oui, c'est vrai ! (Rires) Quand tu participes à un télé-crochet, tu ne t'attends pas à avoir une telle influence sur les charts, et sur la musique dans "la vraie vie".

Regardez la performance de Fleur East sur "Uptown Funk" :



Quand on est dans cette bulle, on a vraiment l'impression que c'est séparé de "la vraie vie" ?
Carrément. C'est vraiment ça, c'est une bulle, et comme on est très concentré sur chaque semaine, sur le fait de rester dans le concours, on a l'impression de vivre dans un monde complètement à part. Et puis on ne suit plus trop ce qui se passe en dehors. C'est quand on part qu'on réalise l'impact que ça a pu avoir, ce qui a pu être écrit.

« "Uptown Funk" a influencé ma carrière »
Quand les gens ont vu cette performance, beaucoup se sont dit "Elle va gagner, c'est obligé". Mais quelques semaines plus tard, tu t'es inclinée en finale. Comment tu l'as vécu ?
Chaque semaine, c'était une surprise d'être toujours là ! (Rires) Donc le fait d'arriver parmi les deux finalistes, c'était génial. Je ne sais pas comment j'aurais réagi si j'avais gagné, c'était vraiment une victoire d'arriver si loin. Après, c'est vrai que j'étais un peu déçue quand le nom de Ben (Haenow, ndlr) a été annoncé, parce que seul le gagnant a la garantie de décrocher un contrat dans une maison de disques. Donc j'ai à nouveau eu peur que ça ne donne rien, je me suis dit que j'allais peut-être me retrouver comme avant... jusqu'à ce que Simon Cowell m'offre un contrat !

L'impact de ta prestation sur "Uptown Funk" a forcément influencé les sonorités que tu as adoptées pour ton album, mais ça ne correspond pas tout à fait à ce que tu faisais avant... Quel son aurait eu ton album si tu n'avais pas chanté ce titre - ou si ta prestation était passée inaperçue ?
J'ai chanté des titres comme "Bang Bang" de Jessie J, "All About That Bass"... Donc il y avait toujours un aspect "performance", c'étaient des titres uptempo, il y avait de la danse, du rap, donc ces éléments seraient dans mon album quoi qu'il arrive. En fait, "Uptown Funk" reflète pas mal de choses que j'écoutais quand j'étais petite, et je pense que c'est pour ça que j'aimais tant ce titre et que j'ai voulu le chanter. Il a influencé ma carrière a posteriori, mais je pense que j'aurais de toute façon fini par arriver pas très loin de ce genre musical.

Avec peut-être un peu moins de saxophone ?
Oui, peut-être ! (Rires)

« Je voulais être le plus impliquée possible »
On s'imagine toujours le premier rendez-vous à la maison de disques où l'artiste discute avec l'équipe de l'album à préparer. Comment ça se passe, une fois que vous êtes tous autour de la table ?
Syco (le label de Simon Cowell, nldr) a été très sympa, ils m'avaient préparé une petite présentation, avec un Powerpoint sur ce qu'ils pensaient que mon son devrait être. Donc j'ai écouté, et j'ai dit "OK, allons-y !". C'était notre premier rendez-vous. Mais ils m'ont comprise tout de suite ! Et c'est pour ça que j'étais tellement contente de signer avec eux. J'avais travaillé avec certains membres de l'équipe pour l'émission, et je savais qu'ils me comprenaient.

Et comment les chansons sont-elles dénichées ? On sait que dans ces cas-là, on peut en acheter en Suède, des auteurs sont contactés, ils écrivent pour l'artiste ou pour d'autres artistes...
J'avais été très claire avec eux sur le fait que je voulais écrire...

Tu es d'ailleurs créditée sur une grande majorité des titres de l'album !
Oui, je voulais être le plus impliquée possible. Je crois qu'il n'y a que deux chansons que j'ai choisies auprès d'autres auteurs, mais je trouvais qu'elles me correspondaient parfaitement et qu'elles étaient très puissantes. Donc on s'est retrouvé en studio, j'étais très motivée à l'idée de travailler avec d'autres songwriters parce que j'avais beaucoup écrit toute seule mais les résultats étaient toujours meilleurs quand je collaborais avec d'autres. Et ça s'est super bien passé ! Je voulais être là à toutes les sessions, parce que quand on me rencontre, qu'on ressent mon énergie, c'est plus facile d'écrire ensemble.

Regardez le clip "Sax" de Fleur East :



Quand tu arrives en studio, les chansons sont déjà en partie écrites ?
Non, on commence tout de zéro.

Donc tu arrives à 9h du matin, tu restes toute la journée ?
On passe toute la journée oui. On écrit la musique, on écrit les lignes de basse, la section de cuivres, on chante tout, on crée ensemble... C'est une expérience fantastique ! Et maintenant, à chaque fois que j'écoute un titre, je reconnais chaque partie de la musique qu'on a créée ensemble.

On a aussi dû t'envoyer des titres, non ?
Tellement ! J'ai reçu tellement de clones de "Uptown Funk"... Mais ça ne marchait pas trop. Ça ne me correspondait pas trop. Il y a quelques similarités dans "Sax", mais c'est une vraie chanson qui a sa propre identité.

Oui, le fait qu'il y ait des cuivres dans la chanson a poussé les gens à faire le parallèle assez rapidement, mais ce sont deux chansons assez différentes, au final...
Oui, en fait. Mais beaucoup de gens pensaient connaître mon son, ma personnalité, mais ça ne marchait pas vraiment. C'est pour ça que Syco m'a beaucoup soutenue dans ma volonté d'écrire. Ils ont vu que quand je participais aux sessions, les résultats étaient meilleurs.

« J'ai fait une session avec BabyFace, une avec DarkChild »
Combien de temps a duré l'enregistrement ?
Certains artistes mettent un an ou plus à enregistrer un album. Moi, j'ai pris six ou sept mois, ce qui est très rapide ! Parce que dès la fin de l'émission, on part faire la tournée "X Factor", puis on rentre en studio d'avril à septembre... Tous les jours ou presque. J'ai enregistré à Los Angeles, au Danemark et à Londres.

Il y a quelques années, pour lancer un gros album pop, il fallait une ou plusieurs chansons de RedOne, par exemple. Y a-t-il eu des grands noms qui ont été évoqués pour le tien ?
Oui, beaucoup ! J'ai fait une session avec BabyFace, une avec DarkChild... Ce sont des légendes ! Mais quand on a finalisé l'album, j'ai eu le sentiment que ces chansons ne collaient pas avec le reste... Ou j'avais des titres un peu trop similaires. C'est assez bizarre de dire ça, parce que quand on a une chanson avec DarkChild, évidemment qu'on la met sur l'album. Mais ça ne collait pas. Ça ne veut pas dire que je les utiliserai pas par la suite, j'ai eu beaucoup de mal à les abandonner ! Il y a des chansons que j'adore qui ne sont pas sur l'album.

« J'aurais voulu travailler avec Pharrell, mais... »
Y a-t-il eu des gens avec qui tu n'as pas pu travailler ?
Evidemment ! J'aurais voulu travailler avec Pharrell, mais le label m'a dit "C'est ton premier album, il faut d'abord que tu t'imposes". Mais j'ai bossé avec des gens fantastiques ! J'ai eu beaucoup de chance.

Combien de chansons as-tu enregistré ?
Entre 50 et 60. Puis il a fallu réduire ce chiffre à une douzaine, ce qui a été difficile ! (Rires) Et c'était marrant parce qu'au début, j'avais l'impression d'avoir trouvé mon son, je sortais du studio en me disant "Ça y est, j'ai un hit" et je retournais en studio un mois plus tard, je réécoutais et je me disais "Ouh la, ces titres ne sont finalement pas si bons que ça du tout !" (Sourire) C'était un processus intéressant !

Et quand se sont arrêtés les doutes alors ?
Ça n'arrête jamais ! (Rires)

Donc tu écoutes ton album et tu te dis la même chose ?
Disons qu'il y a toujours quelque chose qui te fait dire que tu aurais pu changer tel ou tel truc. Mais je suis très contente du résultat.



« Les Etats-Unis ? Je suis prête à relever le défi »
"Love, Sax and Flashbacks" est ton premier album, c'est un album pop, qui doit te présenter au public. C'est presque le contraire d'un "Anti" de Rihanna, qui est plutôt un album fait pour le plaisir, sans prendre en compte le marché, les radios ou autre... Y a-t-il des choses que tu voudrais faire par la suite ?
J'aimerais expérimenter sur d'autres genres musicaux. Je peux m'adapter, je suis très flexible. Je pourrais faire de l'afrobeat, la musique que ma mère écoutait. Ça serait fun ! Il y a énormément de choses que j'ai envie de faire ! J'expérimenterais plus, et je crois que tu dois expérimenter pour continuer à avancer.

Quel est la prochaine étape après l'Europe ? Les Etats-Unis ?
Oui. J'y suis déjà allée plus tôt cette année, j'ai fait des rendez-vous très prometteurs. Il se passe quelque chose. Mais c'est un marché très difficile. Après, j'adorerais y arriver !

Même Robbie Williams s'y est cassé les dents...
Oui, je sais... Mais je suis prête à relever le défi.

Tu serais prête à t'installer là-bas ?
Oui !

Et après, tout le monde en Angleterre dira "Elle vit aux Etats-Unis, elle a oublié d'où elle vient" !
Non, non ! Je n'ai pas peur de travailler. S'il faut prendre l'avion et faire des allers-retours incessants, je le ferai !

Tu as mis dix ans à percer. En regardant en arrière, est-ce que finalement tu es heureuse que ça n'arrive que maintenant ?
Un peu, oui. Parce que j'ai eu mon enfance, j'ai pu aller à l'université, j'ai eu plein de moments importants avec mes amis, j'ai fêté mes 21 ans, tout ça... Aujourd'hui, si je loupe des événements importants, ou si je vois moins mes amis... Je les ai, je sais sur qui je peux compter. Je me connais. Ma famille me soutient, donc je n'ai pas peur de passer à côté de quelque chose, je peux vraiment me concentrer sur ma carrière. Et je suis beaucoup plus mature ! Je sais ce que je veux, alors qu'à 17 ans, je ne savais pas trop. J'aurais pu me perdre... Je pense que c'est important d'avoir une identité forte.
Charles DECANT

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