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Accueil > Artistes > Variété française > Corneille > Chronique de l'album "Sans Titre"

Corneille

Sans Titre

C’est pour revendiquer le droit de ne pas être étiqueté que Corneille a choisi de nommer son album "Sans titre". Une mise au point indispensable pour celui qui ne souhaite être défini ni par sa couleur de rime ni par sa couleur de peau. On comprends pourquoi en jetant un coup d’œil au CV : naissance en Allemagne, début d’enfance sanglante au Rwanda, propulsé au rang de star en France, résident à temps plein au Québec. Corneille est un habitant de la planète Terre, un militant musical capable de chanter aussi bien avec Lokua Kanza, Craig David que Calogero.
Résultat, ses deux premiers albums studio en français "Parce Qu’on Vient De Loin" et "Les Marchands De Rêves", sortis en 2003 et 2005, se sont écoulés à plus d'un million et demi d’exemplaires. "The Birth Of Cornelius" en 2007, son premier album studio en anglais, sorti sur le cultissime label Motown US, se voit être un vrai succès au Japon alors qu’en France, ce dernier opus n’a pas rencontré le succès des précédents. Cette incompréhension artistique soulignera l’envie de break. Après des années de tourbillon promotionnel, Corneille a l’intelligence de se poser les bonnes questions. Disparaître pour mieux réapparaître. Cette absence choisie va durer 4 ans.

Fidèle à Wagram, la maison de disques qui l’a découvert, Corneille nous revient ici avec dix titres personnels réalisés en à peine 4 mois et surtout à 4 mains avec Sofia de Medeiros. Sofia, c’est madame Corneille à la ville depuis 2006. Enceinte du premier enfant du chanteur, elle est une illustre inconnue chez nous. C’est pourtant une ex-mannequin et chanteuse dans son pays natal le Canada, son premier album "Bliss" composé par Corneille y est d’ailleurs sortie en 2008.
Elle a été conseillère sur la direction artistique de l’album et auteure d’une partie des textes sur ce nouvel opus. « Elle a écrit les textes avec une structure couplets refrains et j’ai apporté ensuite ma touche à ses textes, c’est un truc qui nous est venu en travaillant sur son disque à elle » explique Corneille. Une méthode de travail rodée et un nouveau style d’écriture et d’ouverture mélodique à la Chedid.
Sur "Voleuse de lendemain" attention respect et jolie surprise, Corneille a coécrit la musique avec la légendaire Linda Perry, auteur-compositeur américaine, ex chanteuse des 4 Non Blondes. Elle a notamment produit "What You waiting for ?" de Gwen Stefani ou "Beautiful" de Christina Aguilera, ou composé des hits pour Britney Spears, Pink, Alicia Keys ou James Blunt…

La vraie bonne nouvelle c’est le retour d’un Corneille qui chante en français. Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai pas été totalement convaincue par la transition shakespearienne. Le Rwanda est un thème totalement absent de l’album. Même s’il vit dans son cœur, le chanteur n’a plus de complexes à avouer son traumatisme et d’assumer le fait de ne pas être encore prêt à y retourner (sa famille s’est fait entièrement massacrer sous ses yeux durant la guerre interethnique, Corneille a survécu par miracle caché derrière un canapé). Introspectif, instrumental l’album nous dévoile le parcours intérieur et sa réflexion post succès. A 32 ans, Corneille ose une démarche qui sollicite le rejet des ors du show bizz au profit d’une vie plus stable, sereine, plus zen. La démarche semble sincère, on ressent l’authenticité du discours sur l’industrie qui l’a forcé à s’inventer des rôles. Corneille ne souhaite cependant pas utiliser le terme thérapie. Il décrit cet opus comme une réévaluation de l’adulte enfin humanisé qu’il est devenu en 2009. Cet album est le fruit d’un homme débarrassé de ses sentiments de colère et de superficialité. Bon ensuite attention à ne pas trop mordre la main nourricière ...

La recette qui a fait le succès de Corneille est toujours là : un imparable groove, simple, mais à l'orchestration plus nue.

"Elle me ment" : parce qu’un homme trompé croyez le ou non ça existe aussi.. Une chanson soul pop qui lorgne vers la new wave 8O’s, traînant une nostalgie réaliste dans sa mélodie. Pas mal.

"En attendant" : premier single de l’album, c’est du Corneille époque deuxième album. Un flow entrainant sur des paroles qui ne sont pas un discours pro Obama malgré les apparences. Corneille dans ce titre rejette le fait d’appartenir à une communauté. Et là on se dit que sa voit manquait quand même dans notre quotidien.

Dans ma "Ma comédie", Corneille interpelle : « Qui m’aimera si je dépose mon masque, Je ne joue que moi, pas de montage, à mon âge, je ne veux que du vrai ». S’adresse t-il à son public, expiant son ancien parcours plus RnB ?

"Star ! Vite fait !" : bof, un dessin déjà vu de l’accession rapide à la notoriété via la télévision. Et comme dans la petite lucarne on zappe, car textes et mélodies trop facile.

"Voleuse de lendemain" est un troublant témoignage derrière une pudique évocation autobiographique d’une enfance violée par une tante incestueuse. Ça laisse sans voix.

Pour "Pauvre cynique", je dis chapeau à l’artiste d’avoir osé taper sur les doigts de tous ces artistes qui trouvent ça trop cool d’être torturé… vous savez ce rebelle sans cause à la guitare sèche comme son allure et à la mèche sale pendouillante…. Corneille nous rappelle comme ça rend plus heureux d’être positif. Et on le remercie pour ça !

Au final, c’est un album à l’inspiration délicieusement adulte et on est plus que ravis de retrouver Corneille. Cependant plus qu’une remise en cause, il semble comme rejeter celui qu’il semblait être et ça me chagrine un peu. Parce que moi je le trouvais marrant le Corneille dernière version. Bon le gros point positif c’est qu’il semble heureux et apaisé. Ca s’entend, l’album est plus fluide dans sa composition, c’est une compagne plus facile les titres se faufilent facilement dans nos oreilles. Mais n’y restent pas vraiment… Second bémol de l’album, fini l’écriture variété urbaine, place à l’efficacité d’une écriture simpliste. Du coup beaucoup de titres manquent de saveur, manquant probablement de la patte de Corneille..

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Invité
le 28/10/2009, 15:20
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Cher Hédia! Votre chronique me paraît très intéressante!!
J'aime beaucoup votre style d'écriture, c'est simple, facile à lire, sans chichi. D'autre part, je trouve votre critique plutôt construtive ( ce qui n'est la le cas de tout le monde aujourd'hui!^^) et qui ne tombe pas dans la méchanceté et ni dans le déballage d'un artiste!!
Cela me donne envie d'écouter l'album de Corneille
Invité
le 29/10/2009, 17:13
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Une fois de plus Hedia vous touchez la ou il faut...trés belle et intérréssante chronique, on sent que vous vous etes renseignée, merçi
Invité
le 29/10/2009, 20:27
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Je trouve vos critiques trop "druckerienne" à mon goût, un peu de piment rendrais vos articles plus piquant
Invité
le 03/11/2009, 00:01
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Hello,

C'est Hédia tout d'abord merci pour vos encouragements, j'apprécie. Effectivement chaque chronique demande un temps de préparation et de recherche afin de vous offrir un côté "behind the scene". La valeur de l'artiste sur un album est indéniable mais c'est aussi la contribution de toute l'équipe artistique et de son label que je souhaite mettre en lumière.

Je note pour le côté druckerien ^^ ( même si c'est un - que tu me donnes cher lecteur, je prends aussi cela pour un joli compliment)

N'hésitez pas à me faire part de toutes remarques et envies de chroniques, à très vite.

Amitiés,

Hédia
Invité
le 03/11/2009, 11:59
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Il faudrait faire une chronique single et aussi d britney spears merci

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