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Interview
dimanche 29 décembre 2019 14:00

Cigarettes Atfer Sex en interview : "Nos chansons sont faites pour faire l'amour"

Depuis la sortie de son premier album, Cigarettes Atfer Sex a trouvé son public, et ce dans le monde entier. La voix du groupe américain, Greg Gonzalez, se confie en interview à Pure Charts sur l'origine de ce nom de scène étonnant, le succès, le deuxième album "Cry" et la sensualité qui se dégage de ses chansons. Rencontre !
Crédits photo : DR
Propos recueillis par Julien Gonçalves.

Cigarettes After Sex est un nom original pour un groupe. Peux-tu me raconter comme c'est venu ?
C'est marrant car tout ce qu'on a fait, et encore plus au début, ça a toujours été très autobiographique. Quand il a fallu choisir un nom, je voyais une fille à ce moment-là, une relation du type "amis avec des avantages". (Sourire) J'étais assez jeune. Elle fumait pas mal de cigarettes, moi ce n'était pas trop mon truc. Je passais pas mal de temps avec elle. Après nos ébats, elle fumait souvent une clope alors je fumais avec elle... On se voyait souvent et, je ne sais pas, un jour pendant qu'on fumait, en la regardant, je me suis dit que ce serait un nom intéressant.

Parfois, tu repenses à ces instants ?
Oui ça m'arrive d'y repenser de temps en temps. C'est encore assez vif dans mon esprit. Je me souviens à chaque fois où j'étais, qui j'étais à ce moment-là. Maintenant, le nom du groupe est inscrit en moi, comme un tatouage sur mon front. (Rires)

« C'est très dur de trouver le nom d'un groupe »
Elle est au courant que le groupe est nommé ainsi grâce à elle ?
Oui je crois que je lui ai dit, mais ça fait longtemps. Ceci dit, on se parle toujours elle et moi, on est restés en contact.

Trouver un nom de groupe, c'est toujours compliqué ?
Oh oui ! J'ai été dans tellement de groupes. Je pense que je suis dans des groupes depuis que j'ai dix ans, et parfois avec des noms vraiment stupides ou bizarres. Mais c'est très dur de trouver le nom d'un groupe. Ça a toujours été l'un des pires trucs pour moi. Mais j'aime bien Cigarettes After Sex, ça colle bien à l'atmosphère, au son que l'on propose. Je crois que ça a participé aussi à notre succès. Quand tu vois ce nom-là sur YouTube ou ailleurs, ça interpelle forcément. Tu te dis : "Mais c'est quoi ça ?". Et tu cliques !

Tu te souviens de la première fois que tu as créé une chanson ?
Quand j'étais enfant, je pense. Je devais avoir dix ans. Je crois que j'étais surtout intrigué par le pouvoir de créer quelque chose. C'était une piste instrumentale à la guitare. C'était très naturel pour moi, j'avais envie d'explorer ça, de savoir quels sons on pouvait faire avec cet instrument. C'est un peu comme si tu prenais un pinceau et que tu te mettais à peindre. Je pense que je voulais surtout que ça sonne bien pour moi. Je n'ai pas tout de suite compris que je pouvais, à travers la musique, exprimer mes plus profondes émotions.

« Ma copine me dit tout le temps que je suis un mec romantique »
Il y a une vraie âme romantique dans les chansons de Cigarettes After Sex. Tu es donc très romantique ?
Oui ! Ces chansons sont inspirées d'expériences que j'ai vécues. Et durant toutes ces années, elles m'ont apporté de bonnes choses, des choses très puissantes, qu'elles soient douloureuses ou positives. Quand je suis heureux avec quelqu'un, c'est le meilleur sentiment que je connaisse. C'est tellement incroyable d'aimer, de s'aimer l'un et l'autre, et de rendre ça spécial. C'est la seule façon d'aimer pour pour moi. Je suis en couple en ce moment, et ma copine me dit tout le temps que je suis un mec romantique ! (Rires)

Les chansons du groupe sont très calmes, comme un compagnon nocturne. Pourquoi avoir choisi ce son en particulier ?
C'est marrant car j'écoute vraiment de tout. Mais j'ai vécu un moment dans ma vie qui a été très dur, une période très difficile. J'ai perdu un ami très proche et j'ai ensuite vécu une rupture vraiment douloureuse. En dehors de ça, je me suis demandé : "Quelle est la musique qui compte le plus pour toi ?". J'aime beaucoup de choses, mais ce que j'aime réellement écouter ce sont des chansons qui m'aident à traverser des épreuves personnelles. Ce genre de musique, très doux, magnifique et délicat... Comme du Erik Satie, Chopin, Mark Turns... La musique qu'on appelle ambient et la dream pop. Ça peut même aider les gens à dormir ! Il y a des propositions tellement belles. Ça m'a beaucoup aidé dans des périodes de profonde douleur. C'est ça qui m'a inspiré pour Cigarettes After Sex, surtout en ces temps compliqués... J'ai un peu mixé tout ça, sans copier, mais ça m'a permis de créer mon propre son.

Ecoutez "Heavenly" de Cigarettes After Sex :



Tu dois être fier quand les gens te disent que ça leur fait du bien ?
J'adore ça. C'est pour ça que je fais de la musique. J'ai toujours voulu faire une musique spéciale, qui soit comme un médicament.

« J'ai toujours construit nos chansons comme des gros titres pop »
Les chansons de Cigarettes After Sex paraissent très simples à l'écoute. Sont-elles aussi simples à créer ?
Je crois oui. Elles naissent assez rapidement. Même si j'adore les musiques qui sont très compliquées comme du Chopin, qui sont pleines de détails, j'aime les chansons pop très "faciles". J'ai toujours voulu, avec ce groupe, que les chansons puissent se jouer très simplement avec une guitare ou un piano. Dans le sens où, comme les gros tubes pop, je voulais que nos titres soient facile à chanter, à reprendre. J'ai toujours construit nos chansons comme des gros titres pop.

Es-tu surpris du succès de Cigarettes After Sex ?
Je le suis oui car ce qu'on fait n'est pas dans la force. Et la musique pop actuelle, ce que l'on entend tous les jours, l'est beaucoup. C'est très immédiat, très dansant, et les artistes donnent tout quand ils chantent, avec souvent une vraie puissance vocale. Ce genre de trucs... C'est très populaire, ça marche. Nous, c'est très différent, si tu ne me donnes pas de micro, tu ne m'entends pas ! (Rires) Je suis content que des titres alternatifs puissent avoir tant d'écho.

Comment tu expliques que les gens connectent à votre univers ?
Je pense qu'ils ont besoin de changement. Je respecte la pop music, ce qui bouge, mais je crois que les gens ont aussi besoin de moments plus calmes, de paix, de se couper du bruit ambiant. C'est presque de la méditation. Ça t'encourage à respirer plus profondément, d'aller chercher la paix en toi, de te sentir bien. Parfois on a besoin de ça, d'embrasser ses émotions.

« On fait clairement des chansons pour faire l'amour »
Tu es au courant que beaucoup de personnes font l'amour sur tes chansons ?
Oui bien sûr ! A chaque fois qu'on donne un concert et qu'on fait des séances de dédicaces après, il y a toujours plein de couples qui nous le disent. Mais ce n'est pas étrange du tout puisque c'est fait pour ! Tu ne peux pas t'appeler Cigarettes After Sex et ne pas faire de la musique pour la chambre à coucher. (Rires) C'est très flatteur !

Vous pensez vraiment à ça quand vous faites des chansons ?
Je ne sais pas si on y pense mais je me dis souvent : "Ok, si je voulais mettre de la musique lors d'un moment intime, qu'est-ce que je voudrais passer ?". C'est ça qui m'influence en fait. Mais on fait clairement des chansons pour faire l'amour !

Découvrez "Falling In Love" de Cigarettes After Sex :



Tu chantes des mots assez crus parfois mais avec cette voix délicate. Ce contraste, c'est quelque chose qui t'amuse ?
J'aime ça oui ! Ce qui me manque dans pas mal de chansons, que ce soit dans la pop ou dans la musique indé, c'est que les paroles sont assez génériques. Ils ne prennent pas beaucoup de risques. Si on parle de romance et d'amour, ça peut être très sensuel certes mais autant le faire vraiment, en disant des choses très intimes. Le truc c'est comment tu arrives à trouver le bon équilibre entre cette intimité, ton honnêteté à le faire et parler ouvertement de sexe, à travers la musique aussi. Je trouve que tout ça rend le truc encore plus fort. Je vois ça comme un espace sûr, où on peut parler de tout, où les mots peuvent effectivement sonner crus hors contexte. C'est comme quand tu es au lit, en fait. Certaines choses peuvent être dites, dans le contexte elles sont sexy ou romantiques, alors que hors contexte ce serait vulgaire. C'est l'échange et les mots qui sont beaux dans ces moments précis.

« J'aime bien dire que j'ai une voix de chambre à coucher »
C'est donc ça la recette des chansons de Cigarettes After Sex...
Oui, j'ai besoin d'être honnête quand j'écris, et j'ai toujours écrit sur ce que j'ai vécu, souvent de belles histoires pleines de passion, où j'ai pu avoir ce genre de réflexions. Ça aurait été assez cheap si j'avais juste écrit des paroles basiques et lisses.

Tu changes ta voix quand tu chantes ? Car là en te parlant, je me rends compte que tu as une voix beaucoup plus grave...
Ma voix est plus profonde oui quand je parle. Sur les albums, ça donne l'illusion que ma voix est dans les aigus mais pas du tout. Je prends simplement une voix pleine de respiration, qui lui donne un aspect de voix plus féminine. Ce genre de voix que j'adore comme du Janet ou même Enya. Ce sont des voix haletantes. J'aime bien dire que j'ai une voix de chambre à coucher quand je chante. C'est un peu comme si je susurrais ou que je chuchotais quelque chose à la personne à côté de moi dans le lit. Dans ce contexte, ta voix change forcément.

Vous avez mis neuf ans pour sortir le premier album de Cigarettes After Sex. Le deuxième, "Cry", arrive deux ans après le premier. Il a été plus facile à faire ?
Facile dans le sens où le son, notre style, était déjà défini. C'était assez étrange l'expérience du deuxième album. Car le groupe a rencontré un très beau succès et en réalité notre premier album est sorti quand on faisait celui-là. J'ai plus pris ce disque comme une étape de transition. J'étais ravi qu'il sorte mais je le prends comme un tremplin. Ce que vous allez entendre par la suite sera un peu différent, il y aura un peu plus de substance. Mais ce disque était important et vital, car il représente un moment fort. Et ça n'aurait pas été juste de ne pas le sortir. C'était plus facile dans le process créatif mais plus difficile après l'avoir enregistré car on était en pleine tournée. On a été en Inde, en Afrique du Sud, en Australie, en France, un peu partout... Comment peux-tu être créatif pendant que tu fais tout ça ? Je ne pouvais pas l'être donc c'est pour ça qu'on a mis du temps à le finir.

« Les chansons ont été écrites en cinq minutes »
Tu avais la pression après le succès du premier album ?
Pas vraiment en termes de succès. Mais j'avais une pression personnelle car je voulais qu'on soit bons. C'est vrai qu'on a mis du temps pour sortir le premier. On a enregistré notre premier album fin 2015, certaines chansons datent de 2012. Là, tout était nouveau. Les chansons ont été écrites en cinq minutes pour la plupart. On en discutait ensemble et ensuite j'allais écrire, assez rapidement. J'avais l'impression de faire un album de jazz. C'était très spontané, tout est allé très vite.

Ecoutez "Cry" de Cigarettes After Sex :



Il y a neuf chansons sur ce nouvel album, alors qu'à l'ère du streaming, il y a de plus en plus de disques avec 20 titres. Tu aimes être à contre-courant ?
Oui ! J'adore faire le contraire de ce qui se fait. 20 chansons, c'est beaucoup trop ! Je déteste ça ! A part pour les Beatles et le "White Album", c'est très rare quand j'écoute un double album ou un long album et que je me dise que tout a sa place sur ce projet. Je suis assez pointilleux sur ce que doit être le son de l'album. "Moins c'est plus" pour nous. 9, c'est bien. Regarde, il n'y a que huit titres sur "Master of Puppets" de Metallica ! Ou encore sur "Houses of the Holy" de Led Zeppelin, qui est un album que j'adore. Donc ça me va !

« Ecrire des choses intimes me fait du bien »
Le premier album de Cigarettes After Sex a été enregistré à Brooklyn, celui-ci sur l'île de Majorque. En quoi ce lieu a eu une influence sur les chansons ?
Forcément, ça change quelque chose. Tout le monde était assez relaxé, on travaillait beaucoup dehors, sous les étoiles, chaque nuit. Tout était serein, apaisé. Je crois que ça se ressent sur des titres comme "Heavenly". On peut presque entendre le vent, la mer, sentir les étoiles. La nature est présente quelque part. Je voulais que notre musique soit comme un élément, qu'on puisse imaginer un feu, l'océan ou le vent dans les arbres.

Pourquoi ne pas avoir intégré des bruits de la nature ?
J'y ai pensé mais c'est encore autre chose, il faut faire ça bien, et il ne faut pas en mettre trop. Pendant le mixage de l'album, on a du éditer le son car parfois on pouvait entendre le vent ou des bruits de la nature. Je pense qu'il doit y en rester un peu à certains moments sur les chansons.

J'ai lu que sur le premier album, tu évoquais une petite amie différente sur chaque chanson... Est-ce que ta petite amie ne crains pas que tu écrives un peu trop sur elle ?
(Rires) Non, elle aime bien ! C'est vrai qu'avant je parlais de mes relations majeures mais certaines chansons étaient inspirées de la même histoire. Dans "K", "Sweet" ou "Affection", il s'agit de la même personne. Pareil pour "Nothing's Gonna Hurt You Baby", "I'm a Firefighter" ou "Opera House". Sur celui-là, je mélange pas mal de choses. Ma petite amie actuelle apparaît sur des chansons comme "Falling in Love", "Hentai" ou "You're the Only Good Thing in My Life". Il y a d'autres chansons où se sont des fantasmes, j'invente des situations. "Touch" est à propos d'une ancienne relation. En tout cas, même quand je suis en couple, comme c'est le cas maintenant, je n'écris pas que sur ce que je vis maintenant. J'arrive facilement à remonter très loin dans le temps et à revivre certains moments, revisiter certains sentiments pour écrire dessus.

« Je suis quelqu'un de sensible et il n'y a aucun mal à ça »
"Touch" est une chanson très émouvante, où tu chantes notamment que tu as besoin de quitter la pièce pour aller pleurer sous la douche. Tu n'hésites jamais à partager ce genre de moments de vulnérabilité totale ?
Je crois bien y avoir pensé pour être honnête quand j'ai écrit une première version du titre. Mais écrire ce genre de choses très intimes m'a finalement fait du bien. C'est une histoire vraie, je n'essaie pas de prétendre le contraire. Ca peut paraître embarrassant ou un peu trop personnel mais j'ai toujours trouvé ça gratifiant d'être honnête dans mes chansons. J'ai toujours trouvé que c'était le meilleur choix. C'est bon pour soi-même d'évoquer certains sentiments avec honnêteté. La peine peut se transformer en quelque chose d'autre. Et les gens peuvent se reconnaître plus facilement aussi...

L'album s'appelle donc "Cry". Quand as-tu pleuré pour la dernière fois ?
J'ai pleuré la nuit dernière. On était au lit avec ma petite amie et on parlait de nos anciennes relations et à quel point c'est dur quand tu es avec quelqu'un qui t'aime mais que toi tu n'es pas satisfait et épanoui dans cette relation. Tu dois les blesser et avoir le courage de dire : "Tu es incroyable mais il me manque quelque chose, on ne peut plus être ensemble". Tu blesses des gens alors qu'ils ne le méritent pas... On a parlé de ça et on a pleuré ensemble en parlant de nos exs.

Ce projet Cigarettes After Sex c'est aussi une façon de montrer que les hommes peuvent pleurer et exprimer des sentiments ?
Oui, j'espère que ça aide ! Je peux être faible, vulnérable, et j'ai été blessé pas mal de fois. J'ai pu blesser aussi des personnes. C'est bien de le reconnaître et d'être honnête avec ce qu'on ressent, qu'on soit un homme ou une femme. Je suis quelqu'un de sensible et il n'y a aucun mal à ça.
Julien GONCALVES

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