Amel BentOù Je Vais
Depuis sa participation à l'émission "Nouvelle Star" sur M6 en 2004, Amel Bent a fait du chemin. Elle le poursuit de pied ferme à 24 ans, avec "Où je vais" son troisième album studio, sorti le 4 décembre dernier. Sur son nouvel opus, sa famille, son parcours et ses valeurs, comme l’amour et l’indépendance, sont au cœur de ses textes. "Un jour d’été", son premier album disque de platine, vendu à plus de 650 000 exemplaires, lui avait permis de rencontrer le succès populaire et de remporter la Victoire de la Musique "Révélation du public". Le second "A 20 ans" avait été accueilli avec moins d’enthousiasme, atteignant néanmoins un plus qu’honorable score de 200 000 exemplaires et une tournée à guichets fermés.
Après tout cela, difficile de revenir à une vie normale. Amel n’aime pas les fins, ce qu’il lui a valu une déprime post tournée, parsemé de questions des semaines durant sur où et comment trouver la force d’avancer et de combler le vide, après une année chargée sur scène. La réponse elle l’a trouvé en se jetant de nouveau dans le travail pour ce nouvel album.
C’est sa bande de cœur qu’elle réunit autour d’elle. On y retrouve des habitués comme Jérôme Sebbag qui avait composé le sublime "Tu n’es plus là", Blair le compositeur anglais, créateur de l’hymne générationnel "Ma Philosophie", sans oublier DJ Abdel et son fidele pianiste Ian Aledji. Également des nouveaux venus au casting : Kayline, rappeuse de l’écurie Karismatik (Kenza Farah) en featuring sur le "Hou La menteuse" reprenant le fameux gimmick rendus populaire par la chanteuse de notre enfance Dorothée. Sako ex rappeur du groupe de rap cannois Chiens de Paille. Il avait déjà écrit "J’ai croisé le diable", "Les cartons", et "Fais moi confiance" pour Julie Zenatti et "Rien à écrire", "Je t’emmène" et "Tentation" pour Anggun. Niveau sons elle a fait confiance à DJ Kore le producteur à succès de Rai'n'B, concept qu’il a su révéler aux oreilles du grand public au début des années 2000. Il est à l’origine de nombreux hits radios pour Leslie, Amine ou encore Matt Pokora. Pour mettre en valeur tout ceci, c’est le talentueux Volodia qui a réalisé, arrangé et mixé ce troisième album. Cet homme de l’ombre a réalisé les albums français les plus cultes dont ceux de NTM, d’Obispo, ou encore Christophe Maé. Amel s’est remise à l'écriture, et signe la plupart des textes de l'album, ne se considérant pas comme une auteur à part entière, elle a fait appel au style de Tunisiano des Sniper qui l’a épaulé et concocté pas moins de 6 titres. La vraie valeur ajoutée d’Amel, c’est sa voix si particulière, cette jeune femme a des « larmes perlée sur les cordes vocales ». Qu’on aime ou pas son style elle a une signature vocale reconnaissable, un coffre profond et une facilité à transmettre ses émotions. Amel est une éponge, elle transmet ce qu’elle encaisse, ses bonheurs comme ses coups durs, et cela s’entend sur disque comme sur scène. "Où je vais", premier single choisi pour promouvoir l’album est un questionnement sur ses choix passés et à venir. Le titre est agréable et on renoue avec plaisir avec la voix chaude et puissante d’Amel. L’amour est prépondérant dans ses préoccupations, comme il peut l’être quand on a 24 ans. Elle nous décrit des amours qui se cherchent, qui se font mal, qui font mûrir dans les 3 jolis titres "Je ne suis pas elle", "A trop t’aimer" et "Le mal de toi". "Cette idée-là" est sûrement le titre le plus émouvant. Il raconte l’histoire d’une jeune femme qui fait le triste constat que son couple n’est pas soudé par l’amour mais par le doux équilibre du quotidien et qu’elle mérite mieux que cet amour là. Un thème plus léger pour "Je me sens bien". Un titre pour « ces matins où tu te lèves et t'as l'impression d'être trop moche, pourtant t'as la même tête que la veille, mais tu ne te trouves pas belle, t'as pas envie de bouger, de te maquiller, tu ne te sens pas jolie... », dixit Amel. Un morceau à dimension thérapeutique, dans lequel la jeune femme se motive elle-même et par la même occasion toutes les femmes qui ont déjà éprouvé cette sensation. « On aimerait bien être idéal, on a envie de plaire aux gens, mais en fait, il faut juste être bien dans sa peau. », confesse l’artiste. Un titre composé par Blair Mackichan, l'anglais qui avait composé le tubesque "Ma Philosophie". "Un bout de papier", l’un des titres les plus personnel sur lequel Amel parle de ces photos que l'on conserve précieusement dans son portefeuille et dont la vision nous réchauffe l’âme. C’est suite à une discussion avec Tunisiano qu’est né ce morceau. Amel s’est basé sur les photographies si spéciales de son portefeuille : l’un de ses anniversaires avec ses petits cousins et une image avec la team Amel Bent, ses fans. Un premier couplet basé sur ses souvenirs et ses expériences familiales et sur le second sa déclaration à son public. "Famille décomposée", est le titre le plus personnel d'Amel à ce jour car il résonne au son de son histoire personnelle. Ce titre parle de la séparation des parents et de la situation fragile et difficile des enfants d’union éclatée. Amel est fière de son album et cela s’entend. Elle s’est recentré sur une écriture plus spontanée, et a offert en toute générosité à ses fans l’album qu’ils attendaient et les fans de la chanteuse pourront se réjouir de son retour au désormais classiques balades. Le seul bémol à noter est qu’Amel ne s’est pas réinventée mais et est restée dans la continuité de ses précédentes réalisations, sans prises de risques. Au final, Amel est qu’elle l’ait choisi ou pas, une valeur sûre de la variété française. Notre chronique audio de l'album Chaque week-end, retrouvez la chronique audio de "L'album du Week-End" sur Charts in France, en partenariat avec Station-Millenium.Téléchargez aussi l'album du week-end sur votre ordinateur ou iPhone avec iTunes et écoutez-le où vous voulez ! Cliquez ici. Ecoutez & téléchargez cet album |